Alors que l’avenir de l’église de Sainte-Apolline-de-Patton dans la MRC de Montmagny continue de susciter des réactions, le candidat du Parti conservateur du Québec dans Côte-du-Sud, Frédéric Poulin, estime que les petites municipalités ne devraient pas avoir à assumer seules la sauvegarde du patrimoine religieux. Il pointe notamment du doigt la suspension des programmes gouvernementaux consacrés à sa restauration et à sa requalification.
De passage, récemment, à Sainte-Apolline-de-Patton, Frédéric Poulin a dit comprendre la déception de citoyens devant le sort réservé à l’église du village. Construite en 1912-1913, l’église avait été citée comme immeuble patrimonial par la Municipalité en 2012. Le bâtiment n’a toutefois jamais été classé comme immeuble patrimonial par le gouvernement du Québec.
Au cours des dernières années, la Municipalité a étudié différents scénarios pour l’avenir du bâtiment, dont son maintien, sa transformation en logements, l’aménagement d’un commerce de proximité et sa déconstruction.
Une assemblée publique a notamment eu lieu en mars 2025 avant la tenue d’un sondage consultatif. Les résultats présentés quelques mois plus tard indiquaient que 74 % des répondants étaient favorables à la démolition, contre 21 % qui s’y opposaient et 5 % qui étaient indécis.
La Municipalité a également fait réaliser un carnet de santé de l’église. Celui-ci évaluait à près de 985 000 $ les travaux d’entretien nécessaires au cours des dix prochaines années, sans compter certaines interventions liées notamment à la mise aux normes, à l’électricité, au chauffage et à la plomberie.
En juin dernier, la Municipalité indiquait avoir obtenu l’autorisation du ministère de la Culture et des Communications pour procéder à la déconstruction et avoir entrepris les démarches afin d’en déterminer les coûts. La sacristie doit toutefois être conservée. « Les citoyens ont le cœur brisé, et c’est parfaitement compréhensible. Cette église fait partie de leur paysage, de leur histoire et de leur identité collective. Mais une petite municipalité ne peut pas porter seule le poids d’un patrimoine que le gouvernement du Québec a progressivement cessé de soutenir », affirme Frédéric Poulin.
La suspension des programmes dénoncée
Le candidat conservateur rappelle que le gouvernement du Québec a suspendu, en juin 2025, les programmes d’aide financière à la restauration et à la requalification du patrimoine religieux administré par le Conseil du patrimoine religieux du Québec. En 2024 uniquement, Québec avait accordé une enveloppe de 25 millions de dollars à 86 projets de restauration et de requalification du patrimoine religieux.
Pour Frédéric Poulin, la disparition de cette source de financement place particulièrement les petites municipalités devant des choix difficiles lorsque vient le temps de préserver des bâtiments religieux vieillissants.
« On parle souvent du coût de préserver notre patrimoine. Mais on doit aussi parler du coût de l’abandon. Quand Québec retire son soutien, ce sont les municipalités, les citoyens et les communautés qui doivent assumer seuls la facture », soutient-il.
Northvolt dans la mire
Le candidat du PCQ a également profité du dossier pour remettre en question certaines priorités financières du gouvernement de la Coalition avenir Québec en établissant un parallèle avec Northvolt.
Dans ce projet, Québec a engagé des sommes considérables, notamment près de 2,9 milliards de dollars en investissements et engagements publics. Le projet d’usine ne verra finalement pas le jour. L’investissement de 270 millions de dollars dans la société mère a été perdu et la Caisse de dépôt et placement du Québec a également essuyé une perte importante.
« On a accepté de prendre des risques de plusieurs milliards de dollars pour un projet industriel qui n’existait encore que sur papier, mais on n’est plus capables de trouver quelques millions pour préserver des bâtiments qui existent déjà, qui sont au cœur de nos villages et qui racontent notre histoire. Il faut avoir le courage de questionner nos priorités », a conclu Frédéric Poulin.
