Publicité

Duhaime choisit Saint-Pamphile pour défendre l’industrie forestière

Éric Duhaime présentant sa plateforme en foresterie. Photo : José D. Soucy

Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime a choisi Saint-Pamphile, où l’industrie forestière occupe une place importante dans l’économie locale, pour dévoiler, le dimanche 30 août, la plateforme forestière de sa formation politique. Dans un contexte marqué notamment par les tarifs américains, les conservateurs proposent une révision en profondeur du régime forestier et davantage de pouvoir décisionnel pour les régions.

Le choix de Saint-Pamphile n’était évidemment pas anodin. Cette municipalité de Côte-du-Sud vit depuis des générations au rythme de l’industrie forestière et accueillait justement, au cours de la fin de semaine, son traditionnel Festival du Bûcheux.

Un secteur névralgique

Le Parti conservateur soutient ainsi que près de 30 000 emplois pourraient être menacés par la crise qui frappe actuellement le secteur forestier québécois. Dans sa plateforme, le parti rappelle que l’industrie soutient plus de 57 000 emplois au Québec et génère environ 6,6 milliards $ de produit intérieur brut.

La dépendance envers les États-Unis constitue une partie importante du problème soulevé par les conservateurs. Selon les données présentées dans leur plateforme, le Québec a exporté pour 10,3 milliards $ de produits forestiers en 2025, dont près de 9 milliards $ vers les États-Unis. Le PCQ affirme que les différents droits américains frappant le bois d’œuvre résineux atteignent actuellement un taux combiné de 45,16 %.

Plus de pouvoir aux régions

Pour Éric Duhaime, la réponse à la crise ne doit toutefois pas se limiter au conflit commercial avec les Américains. Le chef conservateur s’attaque également au fonctionnement même du régime forestier québécois, qu’il juge trop centralisé et imprévisible.

« Le bilan de la CAQ de Christine Fréchette en foresterie est un échec. Après huit ans, près de 30 000 emplois sont menacés. Les décisions ont été prises à Montréal, loin des travailleurs, des producteurs et des réalités régionales », a-t-il déclaré à Saint-Pamphile.

Un gouvernement conservateur entreprendrait ainsi une révision en profondeur du régime forestier afin de simplifier l’accès à la ressource et de réduire les délais administratifs. Le PCQ souhaite également donner un véritable rôle aux tables décisionnelles régionales, auxquelles participeraient notamment les MRC, les municipalités, les communautés autochtones et les différents acteurs de la forêt. Une partie des redevances provenant de l’exploitation forestière serait également retournée aux régions concernées.

Le parti propose aussi une planification régionale de l’approvisionnement et du reboisement sur une période de dix ans. Le forestier en chef continuerait d’établir les volumes disponibles, mais les régions seraient ensuite appelées à attribuer elles-mêmes les volumes de bois.

Taxe carbone et forêt privée

L’abolition de la taxe carbone québécoise figure également parmi les engagements phares du PCQ. Les conservateurs soutiennent que le transport représente entre 30 % et 37 % des coûts d’approvisionnement en bois rond provenant de la forêt publique, selon les essences, et que le coût associé au marché du carbone nuit directement à la compétitivité de l’industrie.

Le parti entend par ailleurs alléger la réglementation entourant les forêts publiques et privées. Dans le cas des producteurs forestiers privés, le PCQ souhaite lancer une consultation afin de clarifier leur statut et déterminer s’ils devraient relever pleinement du ministère responsable des Forêts ou continuer d’être rattaché au ministère de l’Agriculture.

Les conservateurs veulent également favoriser davantage l’utilisation du bois québécois dans les infrastructures publiques. Les projets financés par l’État devraient notamment évaluer une option en bois ou hybride dès leur conception, tandis que Québec établirait des cibles minimales d’utilisation du bois québécois.

Face aux tarifs américains, le PCQ promet enfin de défendre l’industrie tout en cherchant de nouveaux marchés et en favorisant davantage la transformation du bois au Québec afin de diminuer la dépendance envers les États-Unis.

Un accueil différent de 2022

Éric Duhaime posant dans un tracteur lors du Festival du Bûcheux de Saint-Pamphile. Photo : José D. Soucy

Avant de présenter sa plateforme, Éric Duhaime, accompagné du candidat conservateur dans Côte-du-Sud, Frédéric Poulin, s’est rendu au Festival du Bûcheux afin de rencontrer les festivaliers. Selon des organisateurs conservateurs rencontrés sur place par Le Placoteux, l’accueil réservé au chef du PCQ a été nettement différent de celui observé lors de la campagne électorale de 2022.

Plusieurs citoyens sont en effet allés spontanément à sa rencontre, certains lui signifiant ouvertement leur intention d’appuyer les conservateurs. Selon ces mêmes organisateurs, les manifestations d’appui étaient beaucoup plus discrètes il y a quatre ans.

Il faudra toutefois attendre la suite de la campagne pour savoir si cet accueil se traduira dans les intentions de vote. Mais dans la circonscription de Côte-du-Sud où la lutte s’annonce chaudement disputée, le passage d’Éric Duhaime à Saint-Pamphile démontre que les conservateurs souhaitent activement remporter le comté.

« Je n’ai évidemment pas laissé Éric toucher à une scie à chaîne… Il n’a pas encore complété sa formation de 1000 heures imposée par le gouvernement lors de la dernière législature! », a conclu quant à lui avec un brin d’ironie, le candidat conservateur de Côte-du-Sud, Frédéric Poulin.

Éric Duhaime serrant la main du maire de Saint-Pamphile, Mario Leblanc. Photo : José D. Soucy