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Le diable du Cap au Diable

Arcvhives

La cicatrice du Cap au Diable est en voie de devenir la dernière légende hantant ce cap. Émotionnellement, devant cette balafre, on passe de ce coup de poing au cœur de notre rapport vital au paysage et à notre identité kamouraskoise, à la colère et à l’indignation.

Plus rationnellement, nous tentons d’expliquer. Comment un tel geste a-t-il pu se produire ? Par quel raisonnement, et surtout par quels rouages administratifs ce chemin dans la montagne est-il passé ? La Société des cabourons du Kamouraska (SCK) est constituée de membres citoyens dont les valeurs sont l’écoresponsabilité et la rigueur, qui veillent à l’intégrité paysagère et bioécologique des cabourons du Kamouraska au bénéfice du bien commun et des générations futures. Nous sommes directement interpellés par cet enjeu majeur sur le Cap au Diable.

Pour la SCK, ce développement domiciliaire n’aurait jamais dû avoir sa place sur le cap, si ce n’est après l’élaboration d’un plan d’intégration domiciliaire (PIIA dans le langage de l’aménagement des municipalités) sensible et respectueux des caractéristiques fragiles de ce lieu de légendes et de beauté.

Les roches ne remonteront pas la pente. La cicatrice ne pourra bénéficier d’aucune chirurgie esthétique. L’IA n’y peut rien. Les responsables de ce dégât seront sans doute sanctionnés. À l’issue de longues démarches, ils paieront probablement une amende dont on peut anticiper qu’elle sera dérisoire par rapport au mal définitif encouru.

La SCK est un collectif pragmatique et d’action. En ce sens, nous suggérons fortement à la municipalité de Saint-Denis de travailler rapidement à une politique d’aménagement du quartier Cap au Diable. Elle en a le pouvoir, et impérativement le devoir. Au-delà des amendes, toujours trop timides pour les gens qui ont les moyens de dynamiter illégalement et de payer par la suite, pourrait-on, en termes de sentence, imposer aux fautifs des mesures de réparation ou de mitigation ?

Depuis deux ans et demi, la SCK contribue avec la MRC, Horizon Nature Bas-Saint-Laurent, et des partenaires chercheurs en paysage d’universités française et québécoises, à redonner à nos paysages riches en biodiversité leur pleine valeur culturelle, esthétique et identitaire, au bénéfice de la collectivité du Kamouraska. On est là pour ça…

Jacinthe Thiboutot

Présidente de la SCK