Frédéric Poulin réplique à Mathieu Rivest dans le dossier d’Alstom à La Pocatière. Interpellé par le député sortant et candidat de la Coalition avenir Québec en Côte-du-Sud sur sa position concernant le tramway de Québec, le candidat conservateur local refuse d’établir un lien entre l’opposition de son parti au projet et une éventuelle menace pour les emplois de l’usine pocatoise. Il accuse plutôt son adversaire d’utiliser les inquiétudes des travailleurs à des fins politiques.
La veille, Mathieu Rivest avait demandé publiquement à Frédéric Poulin s’il appuyait son chef, Éric Duhaime, qui s’oppose au projet de tramway, ou s’il était prêt à s’en dissocier afin de défendre les retombées économiques associées au contrat d’Alstom.
Frédéric Poulin lui renvoie maintenant la balle. « Je pense qu’utiliser le contrat du tramway comme une menace pour les emplois de notre région démontre surtout une étonnante absence de mémoire de la part du représentant de la CAQ », affirme-t-il dans une déclaration transmise le 12 septembre.
Le précédent de 2023
Pour appuyer sa réplique, le candidat du Parti conservateur rappelle que le gouvernement de François Legault avait lui-même mis le projet de tramway de Québec sur pause en 2023, alors que Mathieu Rivest siégeait comme député de la CAQ.
M. Poulin souligne qu’à cette époque, le président du syndicat d’Alstom s’était montré rassurant quant à l’avenir de l’usine de La Pocatière. Il avait notamment fait valoir que l’entreprise disposait d’autres contrats et qu’elle était à la recherche de travailleurs.
M. Poulin estime que la situation actuelle vient également nuancer les craintes soulevées par Mathieu Rivest. Il cite le contrat de 4,7 milliards de dollars récemment obtenu par Alstom auprès de VIA Rail et rappelle que l’entreprise cherche toujours à recruter des travailleurs.
Le représentant conservateur en profite d’ailleurs pour ramener le débat sur la pénurie de main-d’œuvre. Selon lui, les changements apportés aux règles concernant les travailleurs étrangers temporaires constituent une préoccupation plus immédiate pour plusieurs entreprises de la région qui dépendent de cette main-d’œuvre pour leurs activités.
« Une monnaie d’échange politique »
Frédéric Poulin se montre particulièrement incisif lorsqu’il revient sur l’intervention de son adversaire. « M. Rivest devrait peut-être commencer par effectuer quelques recherches sur les décisions de son propre gouvernement avant de publier un communiqué de presse », lance-t-il.
Il rejette surtout l’idée de placer l’avenir des emplois de La Pocatière au centre du débat entourant le tramway. « Les emplois d’Alstom ne peuvent pas devenir une monnaie d’échange politique chaque fois que le gouvernement veut défendre un projet controversé. »
Frédéric Poulin soutient que les travailleurs de La Pocatière et de la Côte-du-Sud ont plutôt besoin de « cohérence », de « prévisibilité » et d’un environnement d’affaires permettant aux entreprises de créer des emplois durables.
Sa réponse ne constitue toutefois pas un appui au projet de tramway de Québec. Elle vise plutôt à contester le lien établi par Mathieu Rivest entre l’opposition du PCQ au projet et l’avenir des emplois chez Alstom à La Pocatière.

