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La Salle André-Gagnon dévoile son nouveau visage

Jean Desjardins est fier de la nouvelle salle André-Gagnon. Photos : Marc Larouche

Après deux ans de travaux, près de 400 personnes étaient réunies récemment pour célébrer la réouverture de la salle André-Gagnon. Une soirée tantôt festive, tantôt nostalgique, qui a conquis des invités qui ont découvert l’endroit à coups de wow, magnifique, superbe, et autres qualificatifs. Tout ça avant même d’en découvrir l’éclairage et l’acoustique, qui donnent véritablement l’impression d’assister à un concert personnellement offert à chaque spectateur, tant la sonorité est enveloppante. La proximité avec la scène ajoute à l’illusion.

« Après deux ans d’imposants travaux, nous touchons enfin au but avec la réouverture de notre salle de spectacle », a déclaré Jean Desjardins, président de la Corporation régionale de la Salle André-Gagnon, ajoutant que ce projet était dans l’air depuis dix ans. « C’est un gros plus pour La Pocatière, et pour toute la région. Avant, les gens venaient voir un spectacle. Maintenant, en plus, nous avons un magnifique hall d’entrée vitré avec un ascenseur, un espace-bar, et un foyer agréable, ce qui agrandit notre offre de services. Le piano d’André Gagnon s’y trouve, ainsi que des pièces de collection qui lui ont appartenu — dont des trophées —, et qui changeront au fil du temps parce que nous en avons plusieurs. »

Dans le foyer, les convives ont longuement écouté les superbes interprétations des musiques d’André Gagnon par le pianiste Alex Legault qui a su recréer pour chacune des pièces l’émotion qui l’avait vu naître. Bravo. J’ai l’impression qu’on n’a pas fini d’entendre son nom, et que sa prochaine prestation sera sur la scène.

L’inauguration officielle, présentée sur invitation en partenariat avec la Ville de La Pocatière, s’est déroulée en deux temps. Un cocktail d’avant gala, en présence de dignitaires et de donateurs, a d’abord permis de procéder à la traditionnelle coupure du ruban.

Un grand gala

Le gala d’ouverture, fruit du travail de Claude Bois et de François Landry à la direction artistique, a ensuite été animé par Gabriel Hudon, soutenu par la voix hors champ de Michel Harvey. Des artistes régionaux y ont notamment pris part, dont ceux du Cirque de la Pointe-Sèche et les musiciens de l’École Destroismaisons, qui ont offert des performances magistrales et sans fautes.

Les premières notes de Neiges, l’une des œuvres phares d’André Gagnon, ont provoqué un silence de respect et de plénitude dans l’auditoire. La pianiste Mélanie Pelletier a su redonner vie à l’œuvre originale au piano, bonifiée des arrangements de François Landry. Une nouvelle version qui mériterait une distribution à grande échelle.

Le cirque était aussi à l’honneur de même que le théâtre, avec un numéro humoristique très réussi tiré de la pièce Piège pour un homme seul, une comédie policière avec Marie Dallaire, Michel Harvey, Claude Bois et Jean Dallaire.

Certains discours ont donné lieu à des moments cocasses. La préfète élue du Kamouraska, Nancy Dubé, a avoué que le premier spectacle qu’elle y a vu était celui d’Herbert Léonard, que le maire de La Pocatière a affirmé ne pas vraiment connaître. Pour lui, c’était Roch Voisine. « Maintenant, pourquoi pas Céline ? », a-t-il lancé. Mme Dubé pour sa part espère U2.

Une salle transformée

La salle compte désormais 472 sièges, tous neufs, répartis entre le parterre et la mezzanine. L’abattement des murs qui enclavaient auparavant les sièges permet une meilleure visibilité de la scène, et une circulation plus fluide entre les rangées. L’éclairage et le matériel audiovisuel ont également été entièrement remplacés.

Les travaux ont nécessité des investissements évalués à 8,2 millions $. Le ministère de la Culture et des Communications a contribué à hauteur de 5,6 millions $, tandis que Patrimoine canadien a versé 1,3 million $. Le Cégep de La Pocatière a pour sa part contribué pour 724 000 $. Le projet a été réalisé sans aucun dépassement de coûts, malgré certains imprévus inhérents à de tels travaux dans un endroit construit il y a plusieurs années. Le président du conseil d’administration, Jean Desjardins, aussi ingénieur, s’en est félicité avec un large sourire de satisfaction.

Une campagne de financement populaire, réalisée en pleine pandémie et présidée par Mathieu Rivest, présent à la soirée, avait permis d’amasser 550 000 $ en dons dans le milieu sudcôtois. « Aujourd’hui, notre promesse se concrétise grâce au soutien reçu à toutes les étapes de cet ambitieux projet. Du fond du cœur, merci. Maintenant, c’est à votre tour, cher public, de vous approprier votre salle », a ajouté Jean Desjardins.

Les activités de réouverture destinées au grand public se sont poursuivies avec Le grand spectacle du quatuor de la Famille Painchaud, présenté le dimanche 20 septembre. Les 26 et 27 septembre, dans le cadre des Journées de la culture, une journée portes ouvertes a eu lieu, de même que le spectacle jeune public Bêtes de fête.

Le hall d’entrée est entièrement vitré.
L’espace-bar est très convivial, et rehaussé de la magnifique œuvre Amplitude de l’artiste Amélie Proulx.
Le très talentueux pianiste Alex Legault a su recréer l’émotion des compositions d’André Gagnon.
La salle est méconnaissable. Le confort, l’acoustique et la pente sur deux paliers procurent une expérience exceptionnelle.