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Cap au Diable : Beaucoup de questions, peu de réponses

Gabriel  Trottier-Hardy estime qu’il faut agir pour protéger ce patrimoine naturel, ses écosystèmes, et les paysages du Saint-Laurent. Photo : Courtoisie

Sans surprise, le dossier du dynamitage du Cap au Diable s’est retrouvé à la récente séance du conseil municipal de Saint-Denis-De La Bouteillerie, alors que des citoyens ont questionné les élus sur le développement du secteur et la protection du territoire.

« Je suis directement touché. Ces travaux sont adjacents à ma propriété. Des matériaux et des arbres ont atteint mon terrain. J’ai signalé des préoccupations concrètes de stabilité, d’érosion et de sécurité », a déclaré Gabriel Trottier-Hardy devant les élus. Le maire, Frédéric Landry, était absent pour des raisons de santé.

Preuves à l’appui, l’avocat de formation affirme avoir signalé la situation à la Municipalité les 11 et 12 juin, sans réponse. Puis de nouveau le 18 juin, en même temps qu’à la MRC de Kamouraska. Selon lui, les travaux se sont poursuivis au moins jusqu’au 22 juin. C’est entre les deux que l’irréparable a été commis. « Nous avons droit à un minimum de transparence. »

Selon nos informations, une trentaine de résidences pourraient encore être construites dans le haut du Domaine de nos étés. « Il faut arrêter de considérer le Cap au Diable un permis et un lot à la fois », dit l’homme, voulant recentrer le débat sur ce qui reste à protéger plutôt que sur ce qui vient d’être détruit.

M. Trottier-Hardy s’interroge aussi sur la capacité du secteur à soutenir le développement à venir. « Avant de permettre des dizaines d’autres constructions, est-ce que quelqu’un a réellement étudié la capacité du secteur en eau, les ressources hydriques, les effets cumulatifs du dynamitage, du remblayage et du déboisement, le drainage, l’érosion et la stabilité des sols ? » Les représentants municipaux n’ont, selon lui, pas été en mesure de confirmer que ces analyses avaient été réalisées.

« Une partie de mon terrain s’affaisse dans la montagne. Lorsque du dynamitage a lieu dans le secteur, l’eau de mon puits devient parfois brunâtre », a-t-il témoigné, tout en précisant qu’il n’établit évidemment pas de lien de causalité, « mais plusieurs voisins se questionnent ».

Sur les travaux et la remise en état, les élus ont surtout évoqué l’enquête en cours, la complexité du dossier, et la possibilité de recours. La confidentialité a été invoquée à plusieurs reprises.

« Je comprends parfaitement qu’une enquête comporte des éléments confidentiels, mais cela ne peut pas rendre l’ensemble du dossier opaque. Je demandais simplement ce qui pouvait être rendu public : vérifications effectuées, mesures de sécurité, actions entreprises, et prochaines étapes. »

La sécurité questionnée

La question de la sécurité est aussi restée sans réponse claire. Gabriel Trottier-Hardy a rappelé que la Municipalité lui avait écrit que « la sécurité des personnes n’est pas en jeu », alors que des roches et des matériaux ont atteint sa propriété. « Sur quelle analyse la Municipalité s’est-elle fondée pour conclure à l’absence d’enjeu de sécurité ? » Encore là, pas de réponse.

Pascale Robichaud, qui habite aussi le secteur, a elle aussi dénoncé le dynamitage à la Municipalité, après avoir vu les dommages lors d’une balade en kayak. « À la fin août, j’ai aussi tenté de faire inscrire le sujet du dynamitage à l’ordre du jour de la séance du conseil, et on m’a répondu que ce n’était pas approprié. C’est là que j’ai décidé de m’y présenter pour poser mes questions, mais je n’ai pas obtenu les réponses recherchées. Je souhaite que dans ce dossier, la Municipalité soit plus transparente », a-t-elle déclaré.

Un autre résident a affirmé observer la détérioration du Cap au Diable depuis environ 14 ans, et a qualifié le développement du haut de la montagne de véritable Far West. Les interventions citoyennes ont notamment porté sur le déboisement, le dynamitage, le remblayage, les fortes pentes, les chemins privés et l’eau.

Les citoyens présents ont aussi été surpris de constater que leurs interventions ne seraient pas automatiquement détaillées au procès-verbal de la séance. Pour ce faire, le verbatim doit être envoyé par courriel. Mme Robichaud a toutefois constaté que la façon de faire varie d’une municipalité à l’autre.