L’équipe de développement économique de la MRC de L’Islet s’est arrêtée à Saint-Aubert le 5 février dernier dans le cadre d’une tournée de quatre séances d’information déployées sur l’ensemble du territoire. L’initiative vise à mieux faire connaître les services offerts aux entreprises et aux organisations, tout en ouvrant le dialogue sur les enjeux bien concrets vécus sur le terrain.
Si le nom du service est généralement connu, ses interventions demeurent parfois floues pour plusieurs entrepreneurs. Cette tournée sert donc à mettre des visages sur les services, à expliquer ce que la MRC peut réellement faire pour soutenir un projet, et surtout à provoquer des échanges directs avec les acteurs locaux.
Un accompagnement structuré
Le mandat du service de développement économique est clair : soutenir l’activité économique partout sur le territoire, que ce soit pour un projet de démarrage, une expansion, une modernisation ou une relève d’entreprise, et même des organismes à but non lucratif (OBNL). L’accompagnement proposé est volontairement large : plan d’affaires, recherche et montage de financement, innovation et productivité, virage numérique, marketing web, attraction et rétention de la main-d’œuvre.
Ces interventions s’inscrivent dans le Plan d’intervention et d’affectation des ressources (PIAR) de la MRC, qui met l’accent sur l’accompagnement continu des entreprises, la modernisation des pratiques, et la cohésion entre la communauté d’affaires et le monde municipal.
Financement
La MRC ne se positionne d’ailleurs pas comme bailleur de fonds principal, mais plutôt comme un complément essentiel dans les montages financiers. Par l’entremise de leviers comme le Fonds local d’investissement (FLI) et le Fonds local de solidarité (FLS), elle intervient souvent là où les institutions traditionnelles sont plus frileuses, notamment pour le fonds de roulement. En somme, sous forme de prêts sans garantie, les contributions de la MRC peuvent s’avérer très utiles.
Selon ce qui a été expliqué lors de la rencontre, les montants consentis varient selon les projets, mais l’objectif demeure le même : rendre les projets viables, sans exposer inutilement les entreprises ou la collectivité. La MRC insiste également sur le fait que chaque projet doit aussi compter sur d’autres partenaires financiers afin de répartir le risque.
« La MRC dispose notamment du Fonds local d’investissement, qui peut être combiné à d’autres leviers financiers afin d’offrir un soutien pouvant atteindre jusqu’à 250 000 $ par projet. Dans les faits, les interventions se situent le plus souvent dans une fourchette allant de 75 000 $ à 100 000 $, selon la nature et les besoins des dossiers accompagnés », a déclaré au Placoteux Sylvain Thiboutot, directeur du service de développement économique à la MRC de L’Islet.
Un taux de réussite jugé « largement positif »
Un élément qui a retenu l’attention lors des échanges concerne le taux de réussite des projets accompagnés. Sans prétendre à une réussite parfaite — chose irréaliste en développement économique — la MRC affirme que son bilan demeure largement positif.
« Comme tout outil financier, le fonds comporte une part de risque, mais celle-ci demeure limitée et bien contrôlée. En moyenne, quelques dossiers seulement doivent être radiés chaque année, ce qui permet à la MRC d’affirmer que le bilan global est largement positif », précise M. Thiboutot.
Cette approche prudente, mais proactive, permet à la MRC de stimuler la création de richesse tout en protégeant l’intérêt collectif. Le succès ne se mesure d’ailleurs pas uniquement en dollars investis, mais aussi en entreprises maintenues, en emplois consolidés, et en projets structurants pour les municipalités.
Productivité, main-d’œuvre et virage numérique
Au-delà du financement, plusieurs enjeux structurants ont été abordés à Saint-Aubert. La productivité des entreprises, l’automatisation de certains processus, et l’adaptation des compétences de la main-d’œuvre figurent parmi les priorités actuelles. La MRC travaille notamment à orienter les entreprises vers les bonnes ressources, que ce soit en innovation, en formation ou en accompagnement RH.
Le marketing web demeure également un levier central. Héritage direct des leçons tirées de la pandémie, ce service vise à aider les entreprises à bâtir une présence numérique cohérente et efficace, sans se substituer aux firmes privées, mais en outillant les entrepreneurs pour faire les bons choix.
« La pandémie a clairement démontré que les entreprises qui s’en sortaient le mieux étaient celles qui disposaient d’une présence web efficace, notamment par le commerce en ligne. Même si cette période est derrière nous, le service a été maintenu puisque le besoin demeure bien réel. Notre rôle est d’aider les entrepreneurs à y voir clair, à bâtir de bonnes stratégies, et à comprendre ce qu’implique concrètement une présence numérique performante », a conclu Carl Tardif, conseiller en marketing web.