Publicité

Est-il trop tard ?

Photo : Rubén Bagüés, Unsplash

« En ces jours qui précédèrent le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et mari, jusqu’au jour ou Noé entra dans l’arche, et les gens ne se doutèrent de rien, jusqu’à l’arrivée du déluge, qui les emporta tous » (évangile selon Matthieu, chapitre 24, verset 37).

Ce récit biblique est prophétique. Pendant que nous consommons notre Terre sans réfléchir, notre monde est en train de s’effondrer, risquant de « nous emporter tous ».

Les guerres dévastatrices

Ukraine, Gaza, Iran… des guerres dévastatrices et brutales, menées par des maniaques, dans lesquelles les grandes puissances bafouent la souveraineté des peuples, et risquent de provoquer l’effondrement de l’économie mondiale liée au pétrole. Les États investissent massivement dans l’armement militaire, incluant le nucléaire. On joue avec le feu, et nous assistons impuissants à ce jeu irresponsable d’intérêts et de pouvoir.

L’échec de nos démocraties

Nous étions fiers de nos démocraties, et nous comptions sur elles pour nous protéger. Mais elles sont en train de s’effondrer au profit de la loi des plus forts et des plus riches. La centralisation bureaucratique a rendu nos gouvernements incapables de fournir les services collectifs efficacement. L’endettement des États ne cesse de gonfler. Les partis ne représentent plus le peuple, mais sont devenus de simples machines de pouvoir à la remorque des milliardaires du numérique et de l’intelligence artificielle, qui pensent et décident de plus en plus pour nous. Le peuple orphelin se tourne vers les faux prophètes qui leur promettent le retour à la belle époque, mais les trahissent honteusement.

L’explosion du capitalisme

À l’origine, le capitalisme visait la prospérité grâce à l’entreprise privée et à une saine concurrence. Aujourd’hui, toute la propriété et la production de biens de consommation sont concentrées entre les mains d’une poignée de milliardaires de la haute technologie qui contrôlent tout. La concurrence n’existe plus. La propriété privée pour tous non plus. Tout le monde, y compris les gouvernements, vit à crédit. Pour produire des biens de consommation et des armements de plus en plus extravagants et inutiles, on pousse l’extraction des ressources et le gaspillage d’énergie à des niveaux sans précédent. La multiplication d’énormes centres de données pour alimenter les plateformes numériques et l’intelligence artificielle en est un exemple : elles vont bientôt consommer le double de toute l’électricité que nous produisons, sans parler de la chaleur qu’elles génèrent et de l’eau qu’elles exigent pour les refroidir.

Le dérèglement des écosystèmes et du climat

Dans cette frénésie de surproduction et de surconsommation, il fallait s’y attendre, on fait tout pour ignorer que les ressources de notre Terre ne sont pas infinies, et que les écosystèmes — notamment le climat — montrent déjà des signes évidents de dérèglement : sécheresses, feux, inondations, fonte des glaciers, etc. On abolit les taxes sur le carbone, on relance l’exploration pétrolière et la construction d’oléoducs, on reporte les cibles d’émissions de gaz à effet de serre, on relance l’industrie automobile, on refuse d’interdire la production de plastiques non dégradables, etc.

Trop tard

Notre aveuglement collectif est tel que les connaisseurs sont de plus en plus nombreux à penser qu’il est désormais trop tard pour éviter l’effondrement de notre civilisation commune. Il est peut-être déjà l’heure de se préparer à en faire notre deuil, et à vivre sur une planète où des régions entières deviendront inhabitables. Personne ne pourra nous sauver : nous serons laissés à nous-mêmes.