Des documents obtenus grâce à une demande d’accès à l’information auprès de Santé Québec révèlent que plusieurs établissements de santé du CISSS du Bas-Saint-Laurent, dont certains dans la MRC de Kamouraska, présentent un indice de vétusté (IV) de C. Cette cote signifie que ces infrastructures présentent un niveau modéré de dégradation et de défectuosité. Un seul est coté D, ce qui représente un niveau élevé de dégradation et de défectuosité.
C’est le CHSLD Villa Maria de Saint-Alexandre, construit en 1957, qui obtient la cote D. Son IV est de 19,21 %. La chaufferie est cotée B, avec un IV de 5,81 %. Plus le pourcentage est élevé, plus le bâtiment est dégradé, plus les travaux requis sont importants, et plus il devient prioritaire dans la planification des investissements.
Dans le secteur de La Pocatière, l’hôpital Notre-Dame-de-Fatima, construit en 1962, est classé C avec un IV de 12,56 %. Sa section CLSC (2013) obtient une cote B à 8,41 %, tandis que la chaufferie de l’hôpital (1962) est également cotée B à 6,56 %. Le Centre de réadaptation en déficience intellectuelle de La Pocatière, construit en 1990, est classé B avec un IV de 7,11%.
À Saint-Pascal, le CLSC principal, construit en 1967, affiche une cote C à 14,97 %. La chaufferie du même établissement atteint 5,06 % et se classe A, mais le bâtiment principal demeure dans une catégorie intermédiaire.
Du côté de Saint-Pacôme, le centre d’hébergement (1971) est lui aussi classé C avec un indice de 14,04 %. Son pavillon Le Manoir (2003) obtient 12,50 %, également en catégorie C, alors que la chaufferie, les cafétérias et les autres espaces administratifs et de vocation autre (1971) sont cotés B, avec des cotes respectives de 5,26 % et 8,21.
À Rivière-Ouelle, le CRDI-TSA et CRDP Thérèse-Martin (bâtiment principal de 1964) est classé B à 6,47 %, tandis que la chaufferie du même site obtient 5,30 %, aussi en catégorie B.
L’indice exprimé en pourcentage correspond à la proportion théorique du coût de remplacement devant être investie pour remettre le bâtiment en état optimal. Dans le Kamouraska, aucun établissement n’apparaît en catégorie E.
Ce positionnement place le territoire kamouraskois dans une zone de vigilance. Sans être en situation critique, plusieurs immeubles clés ont plus de 50 ou 60 ans, et nécessiteront des investissements importants à moyen terme si l’on veut éviter de basculer dans les catégories inférieures.
Pas de commentaires
Santé Québec n’a pas voulu commenter. Par courriel, on nous répond que «
des enveloppes budgétaires sont allouées annuellement afin de soutenir le maintien des actifs […] La planification des travaux (projets) est assurée par les établissements en fonction des ressources financières qui leur sont accordées. »
Impossible non plus d’avoir les commentaires du directeur général du Centre intégré de santé et de services sociaux du Bas-Saint-Laurent, le Dr Jean-Christophe Carvalho. Le responsable des communications, Gilles Turmel, explique que « l’état de vétusté de nos bâtiments est un outil qualitatif qui nous permet d’établir nos priorités organisationnelles. En fonction des fonds publics qui nous sont alloués, nous investissons où les besoins sont les plus urgents. »
Des cotes D dans Chaudière-Appalaches
Dans l’est de la Chaudière-Appalaches, entre Lévis et la limite du Bas-Saint-Laurent, le CLSC et le CHSLD de Saint-Jean-Port-Joli sont à surveiller. Il en est de même pour certaines installations de Montmagny, qui affichent une cote D dans le classement 2025-2026.
Ainsi, le CLSC et le CHSLD de Saint-Jean-Port-Joli sont touchés. Le bâtiment original, construit en 1978, est coté D avec un indice de vétusté de 19,38 %. Le bâtiment Est, ajouté en 1986 reçoit également une cote D à 16,87 %. Seule une portion plus récente du site conserve une cote supérieure, mais les principales composantes d’hébergement se trouvent désormais dans la catégorie la plus préoccupante du classement.
À Montmagny, l’hôpital voit l’ensemble des ailes A à J, construites en 1959, classées D avec un indice de vétusté de 16,07 %. Du côté du CLSC et CHSLD de Montmagny, l’aile B, érigée en 1935, obtient une cote D à 15,95 %, tandis que l’aile E (chaufferie), datant de 1950, affiche un indice de 16,05 %. Ce sont donc des composantes âgées de plus de 65 à 90 ans qui figurent parmi les infrastructures les plus vulnérables du secteur.
Le portrait met en lumière un parc immobilier vieillissant, particulièrement du côté des infrastructures hospitalières et d’hébergement de longue durée, où les indices de vétusté dépassent tous le seuil des 15 %.

