Présent au point de presse de la MRC, Daniel Montembeault, de la Société des cabourons du Kamouraska, était satisfait de ce qu’il a entendu. Il insiste toutefois sur le fait que la seule composition géologique des cabourons ne peut être utilisée pour déterminer ce qui doit être préservé, et que la collaboration des propriétaires privés est essentielle à une solution durable.
« Il fallait rétablir les faits correctement. Ça a été fait à mon avis. Il y a des petits points avec lesquels je suis plus ou moins en accord, entre autres sur la définition de ce qu’est un cabouron. Moi, je crois que sur la base scientifique, ça ne tient pas de dire que c’est seulement des quartzites. Nous, on travaille sur la base paysagère, donc sur le relief », dit-il en montrant la bannière promotionnelle de la MRC.
« Je ne vois pas une industrie, je ne vois pas un quartier résidentiel, je ne vois que des montagnes et du paysage. Si ces cabourons-là étaient en schiste argileux, est-ce qu’on les protégerait moins ? Non. Alors il faut s’entendre sur ce qu’on veut protéger. Lorsque ce sera fait, il faudra voir comment on articulera la réglementation, et quels programmes existent qui pourraient s’appliquer pour nous aider ».
Daniel Montembeault estime que l’affectation d’agroconservation que la MRC veut mettre en place est bonne, mais insuffisante. « Quand on parle d’agroconservation, on parle du milieu agricole. On sait très bien qu’il y a des cabourons qui sont en milieu urbain. À ce moment, ce sera donc davantage la réglementation de la municipalité qui va s’appliquer. Il y en a de la réglementation, notamment sur les coupes forestières. On ne peut par exemple pas faire de coupe forestière sur les pentes à inclinaison de 30 %, mais il faudrait quelque chose avec un petit peu de mordant. »
Collaboration des propriétaires
La question est délicate, étant donné que même si un règlement plus sévère était adopté, les propriétaires en place pourraient invoquer un droit acquis. « C’est délicat, là, parce qu’on s’attaque à la propriété privée. On est en zone blanche. Moi, je ne m’arrête pas qu’au cas du Cap au Diable. Notre préoccupation est beaucoup plus générale, et axée vers l’avenir. Au Cap au Diable, on a un sérieux problème, tout le monde l’admet. Je pense que l’opinion publique est d’accord avec ça, mais il faut aller plus loin. Il faut regarder pour l’avenir, voir comment on peut éviter ce genre de situation là », affirme-t-il, ajoutant que la collaboration des propriétaires est primordiale.
« Le travail en ce sens est commencé. On veut avoir une politique commune, pour ne pas solliciter des propriétaires de façon trop abusive, à répétition. Moi je le dis tout le temps : point de salut de protection sans le support des propriétaires privés. Sinon, oublions ça. Il faut à la base qu’on ait l’appui des propriétaires privés, ce qui va nécessiter une opération de sensibilisation, une opération de communication, pour éviter la méconnaissance avec laquelle on est pris aujourd’hui. Si on avait eu cette connaissance-là, de l’importance que représentent ces cabourons-là pour la région, peut-être qu’on aurait été un petit peu plus gêné d’aller jusque-là. »
La Société des cabourons a déjà son plan stratégique sur les actions à mener pour les cinq prochaines années. « Il y aura beaucoup de travail de sensibilisation, d’ateliers, de conférences. Nous, on n’a pas de regard sur la réglementation. À ce chapitre, on va travailler avec la MRC pour trouver des options. C’est pour ça qu’on veut travailler vraiment en collaboration avec la MRC, parce qu’ils ont des ressources, et qu’ils ont aussi le pouvoir de réglementer avec les municipalités. », conclut M. Montembeault.

