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Le Blizzaroïde fond… Place au Frileux

Félix Bernier et Émile Alain exploitent désormais les bars laitiers Le Frileux à Saint-Pascal et Rivière-Ouelle. Cette photo souligne l’atteinte de 6500 amis sur leur page Facebook. Photo : Courtoisie

Le bar laitier Le Blizzaroïde, bien connu de la région, a été contraint de changer de nom à la suite d’une mise en demeure d’un géant états-unien des produits glacés.

« En septembre 2025, on a d’abord reçu une lettre par courrier recommandé, puis un courriel. On a bien vu que c’était vraiment une lettre d’avocat. Ils nous demandaient de changer de nom, parce que le nom Blizzaroïde s’apparentait trop à un produit bien connu, vendu par ce géant américain, et pourrait créer de la confusion. C’est comme si on faisait de la fausse représentation », raconte le copropriétaire Félix Bernier qui ne désire pas nommer l’entreprise en question, et jure que le nom du bar laitier n’avait pas du tout été choisi pour cette raison.

La plainte était d’autant plus curieuse que l’entreprise faisait affaire sous le nom du Blizzaroïde depuis cinq ans, et a toujours été inscrite à ce nom au Registre des entreprises du Québec. « On croyait qu’y figurer garantissait que tout était OK, qu’ils faisaient des vérifications pour s’assurer qu’il n’y avait aucun conflit, mais il semble que non. »

Goliath contre même pas David

Devant la perspective d’un long bras de fer juridique, les propriétaires ont décidé de ne pas contester. « C’est Goliath contre même pas David. On est tout petits. On a choisi de ne pas s’embarquer dans des démarches d’avocats. Ce sont des gens beaucoup, mais beaucoup plus gros que nous autres », ajoute M. Bernier.

Son collègue Émile Alain et lui ont donc décidé de transformer cette malheureuse obligation forcée en bon coup de marketing. Ainsi, un concours a été lancé pour trouver un nouveau nom. « On a demandé à la clientèle de nous proposer des idées. On a eu des centaines de commentaires », explique-t-il, précisant que c’est le nom Le Frileux s’est finalement imposé.

Transition compliquée

La transition administrative n’a toutefois pas été aussi simple. L’entreprise a dû revoir l’ensemble de son image : lettrage, vêtements, camion, enseignes, menus et enregistrements administratifs. « C’est tout le côté logistique et administratif qui a été difficile. Ça a coûté quelques milliers de dollars », dit M. Bernier.

Malgré tout, l’équipe tire du positif de l’expérience. « On n’avait pas le choix, donc on a décidé d’avancer et de le prendre du bon côté ». Résultat : un lancement plus que réussi pour la saison 2026. « On a eu un super beau premier week-end d’ouverture. Les gens étaient contents de nous revoir », ajoute-t-il.

Même si les deux amis d’enfance vivent leur rêve d’adolescent d’être entrepreneurs, et qu’ils sont sur une belle lancée, une expansion n’est pas prévue pour le moment. « On aimerait ça développer de nouveaux points de vente, mais on n’est pas rendu là, et on préfère se concentrer sur nos succursales de Saint-Pascal et Rivière-Ouelle », conclut Félix Bernier. Le Frileux emploie jusqu’à une quinzaine de personnes en haute saison à ses deux installations. Celle de Saint-Pascal est déjà ouverte les week-ends, et Rivière-Ouelle sera en fonction dès la mi-avril.

Pas un cas unique

Ce type de situation n’est pas unique. D’autres commerces ont dû changer de nom à la suite de plaintes plus que discutables de géants étrangers. En 2013, le salon de coiffure Le Moulin rouge de Causapscal, en Gaspésie, a été contraint de se rebaptiser après une mise en demeure du célèbre cabaret parisien du même nom.

Plus près de nous, la tabagie Astérix de Saint-Pascal est devenue Lunik au début des années 2000 pour des raisons similaires, liées à la marque déposée du célèbre Gaulois.

Alors avant de vous rafraîchir sous le chaud soleil de l’été, combattez le froid par le froid et soyez Frileux!