Le comité citoyen Éoloin hausse le ton concernant le développement éolien projeté au Bas-Saint-Laurent et dans le Témiscouata. À la suite d’une rencontre tenue le 30 mars dernier avec des représentantes d’Hydro-Québec, le regroupement citoyen estime que les engagements annoncés par la société d’État demeurent insuffisants, et demande un cadre « plus rigoureux et humain » pour encadrer les prochains projets énergétiques. On demande même un moratoire sur le développement éolien.
Dans un communiqué publié le 12 mai, le comité affirme avoir eu des échanges constructifs avec Hydro-Québec au sujet du projet de ligne de transport Axe Appalaches–Bas-Saint-Laurent, ainsi que des projets éoliens qui y sont associés. Malgré certaines avancées reconnues par le regroupement, les membres soutiennent que plusieurs préoccupations citoyennes demeurent sans réponse concrète.
Éoloin salue notamment l’ajout, dans le nouvel appel d’offres d’Hydro-Québec du 10 avril, d’une obligation de consultation publique en amont du dépôt des projets. Le regroupement voit également d’un bon œil l’annonce d’une analyse des impacts cumulatifs du développement éolien à l’échelle du Bas-Saint-Laurent, ainsi qu’une étude d’impact environnemental concernant la future ligne de transport électrique.
Engagements insuffisants
Le comité considère toutefois que ces engagements ne suffisent pas à rétablir la confiance des communautés locales. Il réclame désormais des études indépendantes portant sur les impacts cumulatifs des projets éoliens déjà existants et à venir, notamment en matière de santé, de paysage, d’agriculture, de tourisme, de biodiversité et de protection de l’eau potable. Selon le regroupement, aucune analyse globale de cette ampleur n’existe actuellement pour le Bas-Saint-Laurent.
Le regroupement demande également une « acceptabilité sociale réelle », estimant que les consultations publiques ne doivent pas se limiter à un exercice symbolique. Le comité soutient que les communautés devraient pouvoir accepter ou refuser un projet, et que cette décision devrait être reconnue officiellement. Il souhaite aussi qu’Hydro-Québec interdise les approches individuelles auprès des propriétaires terriens avant la fin des consultations publiques, dénonçant la signature de contrats d’option « en secret » par certains promoteurs.
Le comité citoyen affirme par ailleurs craindre une industrialisation progressive des milieux ruraux. Il juge inacceptable que des projets puissent disperser des éoliennes à travers plusieurs municipalités uniquement sur la base d’ententes conclues avec certains propriétaires fonciers.
Dans son mémoire, le regroupement insiste également sur la nécessité de respecter la mission première d’Hydro-Québec, soit de fournir de l’électricité « au meilleur coût pour les marchés québécois ». Les membres soutiennent que les projets devraient démontrer clairement leur contribution réelle à la transition énergétique, et non favoriser principalement l’exportation d’électricité ou les profits privés.
Le comité évoque aussi des préoccupations importantes concernant la protection de l’environnement et des sources d’eau potable. Il rappelle que le Témiscouata compte plus de 800 lacs et rivières, et qu’une forte proportion des résidences de la région dépendent de puits privés. Selon le regroupement, les travaux de dynamitage et les modifications du territoire nécessaires à l’installation d’éoliennes industrielles pourraient avoir des impacts sur les eaux souterraines et les cours d’eau.
Moratoire
Le comité citoyen Éoloin réclame désormais un moratoire sur le développement éolien, afin de permettre la tenue d’un « véritable BAPE générique » sur l’ensemble de la filière éolienne au Québec. Le regroupement estime que sans cadre global clair, le développement actuel risque de devenir un « Far West éolien » susceptible d’éroder davantage la confiance des communautés envers les grands projets énergétiques. « La vraie transition énergétique doit se faire avec les communautés, dans le respect de leur territoire et de leur qualité de vie », conclut le comité.
