Emmanuel Grand est un auteur de polars français plutôt discret qui privilégie la qualité à la quantité, car chacun de ses récits nous propose une histoire bien écrite, et une intrigue palpitante animée par des personnages bien campés.
Son cinquième, Le sang des nôtres, ne fait pas exception.
Dans le Jura, en France, la famille Varin règne sur un empire industriel dont le prestige et la discrétion n’ont jamais été démentis. Camille, la belle-fille du grand patron, a disparu cinq ans plus tôt en Inde.
C’est dans une mallette saisie lors d’une descente de police à Bangalore, en Inde, que les flics trouvent une photo de la jeune femme, morte dans un attentat local. Sur le cliché, son visage est entouré d’un cercle, ce qui incite les policiers à penser qu’elle était une cible ! Le bureau d’Interpol à Bangkok envoie la photo en France, où la capitaine Saliha Bouazem, spécialiste des cold cases (affaires non résolues), contacte le mari de la victime qui exige immédiatement la réouverture de l’enquête.
Pour ce faire, Saliha décide de faire appel à Erik Buchmeyer, ex-flic d’élite, le meilleur de sa branche, qui était à la fois son supérieur et son mentor. Victime d’une machination à l’interne, il a pris une retraite anticipée, s’ennuie de ses enquêtes sur le terrain. Il accepte volontiers de collaborer avec son amie. Ils commencent à remonter la piste, mais ignorent tout des dangers qui les guettent.
En parallèle, une intrigue secondaire campée cinq ans plus tôt est centrée sur Barbara d’Angelo, neurologue eaux urgences d’un hôpital, qui mène une enquête discrète sur une véritable épidémie de morts suspectes un peu partout au pays : plus de 900 victimes, surtout des jeunes ayant abusé de l’alcool, mélangé à… quelque chose ! Quand elle finit par découvrir les causes du phénomène, la piste la mène tout droit au laboratoire pharmaceutique de la famille Varin, et aux magouilles de cette famille prête à tout pour défendre les intérêts menacés de leur industrie. La résolution de toutes ces affaires va s’avérer plus périlleuse que prévu. On ne s’attaque pas impunément aux puissants ! Le dénouement est des plus spectaculaire et totalement inattendu. Excellent !
LE SANG DES NÔTRES, d’Emmanuel Grand, Albin Michel, 2026, 364 pages
