La rentrée 2026 est particulièrement encourageante à l’Institut de technologie agroalimentaire du Québec (ITAQ) de La Pocatière. Selon sa directrice générale, Karine Mercier, les demandes d’admission y ont augmenté de près de 52 % cette année. À l’échelle des deux campus de l’ITAQ, l’établissement compte également 20 % plus d’étudiants.
De passage sur les ondes de CHOX 97,5 en entrevue avec Richard Bossinotte, Karine Mercier n’a pas caché sa satisfaction devant ces résultats. « Ce n’est pas bon, c’est excellent », a-t-elle lancé.
Selon la directrice générale, deux programmes se démarquent particulièrement à La Pocatière, en l’occurrence Gestion et technologie d’entreprise agricole, qu’elle qualifie de programme phare, ainsi que Technologie des productions animales. Ces deux formations sont offertes dans de nouvelles versions qui accordent notamment davantage de place aux technologies.
L’intelligence artificielle a aussi fait son entrée dans la formation. « On a intégré beaucoup de technologies, on parle d’intelligence artificielle. Je pense que ça a attiré les jeunes », explique Karine Mercier.
Les filles largement majoritaires
La composition de la nouvelle cohorte retient également l’attention. Selon Karine Mercier, environ 70 % des nouveaux étudiants de La Pocatière sont des filles. La tendance s’observe aussi dans les deux programmes agricoles qui connaissent actuellement un fort engouement. « Il y a vraiment un attrait pour le secteur agricole, pour les femmes », constate-t-elle.
Cette présence féminine est encore plus marquée en Techniques équines, où les étudiantes représentent presque la totalité de la cohorte. Le programme demeure particulièrement recherché. Karine Mercier affirme que l’établissement peut recevoir jusqu’à 200 demandes d’admission, alors que seulement 30 étudiants sont acceptés chaque année.
Le cheval, une signature de La Pocatière
Le secteur équin constitue justement l’une des particularités du campus pocatois. L’établissement possède actuellement un cheptel d’environ 50 chevaux, et propose plusieurs formations gravitant autour de cette industrie. « On a deux campus, mais ce qui distingue vraiment La Pocatière, outre le fait qu’on répond aux besoins de la région et de tout l’Est-du-Québec ? C’est les chevaux », explique Karine Mercier.
En plus de Techniques équines, l’ITAQ offre notamment des formations en massothérapie équine et en maréchalerie. Des changements sont également visibles sur le terrain. L’établissement procède actuellement à l’aménagement de grands parcs destinés aux chevaux, afin de leur permettre de circuler davantage en liberté. « C’est pour le bien-être animal », précise la directrice générale, qui indique que l’objectif est de permettre aux chevaux de marcher plusieurs heures par jour. Des travaux plus importants sont éventuellement prévus au centre équestre.
La production laitière pourrait être regroupée
Un autre dossier majeur se dessine du côté des installations laitières de l’ITAQ. L’établissement exploite actuellement deux unités à La Pocatière : une production conventionnelle sur le site principal, et une plus petite unité biologique située sur la route 132.
Karine Mercier confirme que l’un des scénarios retenus par l’ITAQ consiste à regrouper toute la production laitière sur un seul et même site, plus grand, sur la route 230. « On regarde l’efficacité de la ferme, on regarde l’efficacité des installations pour la pédagogie. On n’oublie pas que c’est une ferme, donc on regarde toutes les données de production laitière », explique-t-elle.
La directrice générale demeure toutefois prudente quant aux détails du projet. Une conférence de presse doit avoir lieu après les élections provinciales. « Présentement, on n’a pas le droit de faire d’annonce. […] Je garde le teaser un petit peu, mais c’est très positif », indique-t-elle.
Le projet de formation vétérinaire toujours vivant
Enfin, l’ITAQ n’a pas abandonné son projet visant à développer une formation complémentaire dans le domaine des soins aux grands animaux. Une première formule n’avait pas réussi à attirer suffisamment d’étudiants. « Le projet n’est pas mort », assure Karine Mercier.
L’ITAQ travaille maintenant avec le Cégep de La Pocatière, qui offre Techniques de santé animale. Selon Mme Mercier, la révision de ce programme a notamment permis d’ajouter davantage d’heures de formation consacrées aux grands animaux.
L’établissement étudie également des formules plus flexibles par l’entremise de ses certifications ITAQ. Celles-ci pourraient permettre d’offrir des formations de différentes durées, plutôt que de miser uniquement sur une formule traditionnelle.
« On regarde un petit peu plus dans ce modèle-là. Est-ce que c’est un programme ? Est-ce qu’on offre des formations de cinq heures, de 150 heures ? Donc, on a les deux mains sur le volant avec ça ! », conclut-elle.

