À la suite de la pandémie et de ses impacts sur le milieu, le secteur des résidences pour aînés exploitées par des organismes sans but lucratif (RPA-OSBL) fait actuellement face à de grandes difficultés.
Inflation, pénurie de main-d’œuvre, vieillissement de la population, les enjeux actuels n’épargnent pas ce réseau dont la survie est désormais en péril. En pleine campagne électorale et soucieuse de l’avenir instable de ce modèle, la Fédération des OSBL d’habitation du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie et des Îles (FOHBGI) interpelle les partis quant à l’importance de la survie de cette solution efficace et pourtant méconnue des citoyens. Souvent confondues avec les CHSLD, ressources d’hébergement rendues tristement célèbres durant la pandémie, les RPA-OSBL se distinguent par leur mode de gouvernance, leur ancrage communautaire et le type de clientèle qu’elles desservent.
« Il s’agit de personnes aînées à faible ou modeste revenu, ou qui ont vécu toute leur vie en milieu rural, dans de petites municipalités où les grands promoteurs à but lucratif n’ont aucun intérêt à développer une offre de logements en RPA », explique Gervais Darisse, président du conseil d’administration de la FOHBGI. Alors qu’elles avaient été épargnées par les vagues de fermetures qui se sont succédé avant la pandémie, la situation a radicalement évolué depuis deux ans. Les motifs de ces fermetures varient, mais le secteur est frappé par une série de facteurs similaires : l’augmentation générale des dépenses d’exploitation, dans le contexte inflationniste mais également en raison de resserrements des exigences réglementaires. Les enjeux liés à la pénurie de main-d’œuvre, le vieillissement et l’alourdissement des besoins des résidentes et résidents accentuent le phénomène de perte d’attractivité des RPA lié aux mesures sanitaires qui leur ont été imposées durant la pandémie. « Dans le contexte de la campagne électorale, les partis en lice doivent se prononcer clairement à savoir s’ils souhaitent la survie — ou la disparition progressive — d’un réseau de RPA communautaires. Cette survie passe par la reconnaissance de la spécificité de ce modèle : une reconnaissance politique et réglementaire, assortie d’un soutien financier conséquent », martèle David Barbaza, nommé directeur général de la FOHBGI. « Avec les RPA-OSBL, le Québec s’est doté d’un modèle qui a fait ses preuves. Il est impératif de savoir si collectivement, le Québec souhaite continuer d’offrir une option de logements avec services qui soient abordables et disponibles pour toutes les personnes aînées qui en ont besoin, y compris celles dont les revenus sont plus faibles ou qui ont fait leur vie hors des grands centres urbains », conclut M. Barbaza.
Source : FOHBGI