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Meurtres aux îles Canaries

Victor del Árbol, LE TEMPS DES BÊTES FÉROCES,  Arles, Actes Sud, 2026, 395 pages

Le Temps des bêtes féroces, de Victor del Árbol, est le deuxième roman d’une mini-série qui a pour titre La trilogie du tueur sans nom, allusion à un personnage clé, narrateur anonyme qui s’avère être un sicario plutôt mystérieux, membre d’un important cartel mexicain !

L’intrigue — labyrinthique, mais passionnante — commence par un accident de la route. Un soir de 2008, sur l’île de Lanzarote aux Canaries, la jeune Vesna  rentre à la maison en vélo quand un bolide la percute et prend la fuite, la laissant pour morte. C’est un flic proche de la retraite, le sous-inspecteur Soria, qui est chargé de l’enquête sur ce qui s’avère être une tentative d’assassinat. Mais la jeune femme a survécu et s’enfuit… Pourquoi voulait-on l’éliminer ? C’est ce que nous révélera la suite, aussi rocambolesque que terrible, avec sa galerie de « monstres » humains  sans scrupules !

Il serait vain de tenter de résumer cette histoire pleine de bruit et de fureur qui nous entraîne en Espagne, aux Canaries, à New York et en Bosnie, où a eu lieu le « crime originel », le drame initial dont va dépendre le destin de Vesna et des divers protagonistes (nombreux) de cette tragédie shakespearienne. La chronologie fragmentée et l’alternance des points de vue narratifs s’ajoutent à la densité de cette saga qui interpelle toute l’attention du lecteur. Comme l’écrit si bien l’éditeur: « L’enquête déclenchée par l’apparent délit routier met au jour un stupéfiant réseau de secrets, de perversions et de vengeances. » On découvre une confrérie de chasseurs richissimes qui, en Serbie, abattent des civils moyennant finances !

L’essentiel de l’action se déroulant en 2008, au plus fort de la crise financière mondiale des subprimes, Le Temps des bêtes féroces explore les effets dévastateurs de la corruption des âmes, et d’une soif de pouvoir impossible à rassasier. Peuplé de « bêtes humaines féroces », ce récit très sombre est porté par une écriture remarquable, avec des personnages  plus vrais que nature,  avec une intrigue captivante qui débouche sur une fin ouverte, laissant présager d’autres drames tout aussi  ténébreux. Un chef d’œuvre du roman noir !