Le dossier du règlement d’emprunt lié au Musée de la sculpture vient de franchir une étape importante à Saint-Jean-Port-Joli. À la suite de la tenue du registre, le 18 mars dernier, 566 signatures ont été recueillies, soit exactement le double du seuil requis de 283 pour forcer la tenue d’un référendum.
Adopté par le conseil municipal lors de la séance du 2 mars, ce règlement prévoit une aide financière au Musée de la sculpture financée par un emprunt municipal de 475 000 $, remboursable sur 15 ans. La somme visée devait notamment servir à appuyer un projet de rénovation, en complément d’autres contributions provenant d’entreprises et d’une aide gouvernementale liée au Fonds régions et ruralité. Une partie du règlement touchait aussi le déficit de 2025, ainsi qu’un déficit appréhendé en 2026.
Deux avenues ?
Avec un tel résultat au registre, deux avenues s’offrent maintenant à la Municipalité : maintenir le règlement tel quel et aller en référendum, ou encore abandonner le règlement d’emprunt. Si le conseil choisit de poursuivre sans le modifier, il devra obligatoirement soumettre la question au vote populaire. Dans le cas contraire, le projet pourrait être abandonné, ou repris plus tard sous une autre forme.
Le maire Normand Caron a toutefois laissé entendre que d’autres scénarios étaient également sur la table. En entrevue, il a indiqué que le conseil souhaite d’abord mieux informer la population sur la nature du projet et sur son montage financier. Il reconnaît d’ailleurs qu’il aurait peut-être fallu communiquer davantage en amont, comme cela avait été fait dans d’autres dossiers municipaux. Selon lui, plusieurs citoyens se sont prononcés avec l’information dont ils disposaient, dans un contexte où le projet a évolué au fil des mois.
Le maire a également rappelé qu’un référendum représente une dépense non négligeable pour la Municipalité, qu’il évalue à environ 15 000 $. Il soutient donc que le conseil analysera plusieurs options dans les prochaines semaines, avant de trancher sur la suite des choses. Parmi les pistes évoquées, il n’exclut pas qu’un règlement retravaillé puisse éventuellement être présenté de nouveau, comme cela avait déjà été fait dans le passé pour un autre projet municipal. « On va prendre le temps d’analyser les options. Il n’y a rien qui presse à court terme dans ce projet-là », affirme-t-il au Placoteux, laissant entendre que la Municipalité ne se précipitera pas vers un référendum.
Normand Caron a aussi tenu à préciser que les rénovations envisagées au musée ne se réaliseront pas à court terme, ce qui laisse, selon lui, un certain délai pour revoir le dossier. Il a ajouté que la Municipalité n’agit pas comme maître d’œuvre dans ce projet, ce rôle revenant plutôt à la COFEC, tandis que la Municipalité se positionne comme partenaire d’appui.
En parallèle, le maire a pris soin de distinguer ce règlement d’emprunt d’un autre emprunt municipal de 1,5 million de dollars, adopté récemment pour des travaux d’asphaltage. Contrairement au dossier du musée, ce règlement-là n’était pas soumis à une procédure d’enregistrement, puisqu’il concerne directement des infrastructures municipales, ce que permet la loi.
Pour l’instant, le règlement 852-26 demeure donc en suspens. Le conseil municipal devra maintenant décider s’il choisit la voie du référendum, s’il retravaille son approche, ou s’il retire tout simplement le règlement.
