51e – Canada 2038, d’Hervé Gagnon, est l’histoire de Jean-François Foley, flic vétéran du Service de police de Montréal, qui œuvre en 2028 dans une ville de Montréal cauchemardesque.
Car l’impensable s’est produit : Frumm — clone littéraire de l’actuel « président » des États-Unis — est mort, et son fils lui a succédé. Et il est pire que son géniteur ! Inspiré par les idées impérialistes de son « génie stable » de père, il a envahi militairement et annexé le Canada qui a eu la mauvaise idée (dans les circonstances) de lui couper le courant. En 2038, le Québec est un nouveau membre des États-Désunis ! Dans les rues de la ville, les services secrets américains et la garde nationale sèment la terreur sous prétexte de faire régner l’ordre. Cet univers déshumanisé et totalitaire (la dystopie) est organisé de telle façon qu’il empêche ses habitants d’accéder au bonheur ou à la liberté.
Mais dans ce Québec cauchemardesque, le Front de libération du Québec a ressuscité, et la résistance s’organise avec toutes les conséquences dramatiques que cela implique : attentats, sabotages, enlèvements, répression brutale, « justice » expéditive suivie d’exécutions publiques.
C’est dans ce contexte épouvantable et dangereux que Foley et sa partenaire Alex sont chargés d’une mission délicate : retrouver Ellie Béliveau, la fille du gouverneur de l’État, disparue mystérieusement alors qu’elle se rendait à l’université. S’ensuit une aventure palpitante, riche en surprises et en rebondissements inattendus, avec une tension dramatique permanente. Bref, c’est un vrai thriller, avec un crescendo vertigineux (éditeur dixit) et une apothéose qui, pour plusieurs, tiendra de la catharsis.
J’ajouterai que l’auteur prend soin aussi de nous décrire en détail la vie quotidienne des Québécois, et les impacts qu’a eus le nouveau régime répressif sur celle-ci ! Écrit dans un style limpide et coulant, avec un réalisme froid et lucide, ce polar dystopique est à la fois passionnant et… angoissant. Au point de souhaiter qu’il ne soit prophétique en rien ! En attendant, je vous conseille vivement de lire ce récit qui sera probablement le polar le plus remarqué et remarquable de l’année !
