Publicité

Programme des travailleurs étrangers temporaires : Des assouplissements « inutiles » au Québec, dénonce l’AHQ

Photo : Immigration.ca

À l’instar du député fédéral de la circonscription de Côte-du-Sud–Rivière-du-Loup–Kataskomiq–Témiscouata, Bernard Généreux, l’Association Hôtellerie du Québec (AHQ) dénonce vivement les assouplissements annoncés récemment par le gouvernement fédéral au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET). Cette dernière estime que ces mesures, présentées comme un soutien aux entreprises, n’auront « aucun effet » pour les établissements hôteliers québécois.

Si, à première vue, la possibilité d’augmenter les seuils de travailleurs étrangers temporaires de 10 à 15 % a été accueillie favorablement par certains hôteliers en région — une demande portée par l’AHQ depuis septembre 2024 —, l’analyse de la situation révèle une tout autre réalité.

« Je sautais de joie quand j’ai appris la nouvelle, vendredi. Je suis même sortie dans les médias pour exprimer ma satisfaction. Mon établissement faisait partie des régions admissibles à une hausse de 10 à 15 %. Mais au final, aucun de mes employés n’a reçu d’invitation dans le PSTQ. Résultat : zéro impact. Ça n’a aucun sens », affirme Joanna Lortie, vice-présidente de l’Hôtel Universel à Rivière-du-Loup.

Une mesure qui ne franchit pas la frontière québécoise

Selon l’AHQ, alors que les entreprises ailleurs au Canada peuvent réellement bénéficier de ces assouplissements, le Québec demeure à l’écart en raison de ses propres règles. La présidente-directrice générale de l’organisation, Véronyque Tremblay, se montre particulièrement critique. « Ailleurs au pays, cette annonce donne de l’air aux entreprises hôtelières. Ici, elle ne donne absolument rien. On parle d’une mesure qui fonctionne… sauf au Québec. C’est complètement incohérent », soutient-elle.

Québec pointé du doigt

Au cœur du problème : le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), dont les critères sont jugés trop restrictifs et imprévisibles. Selon l’AHQ, plusieurs travailleurs déjà en emploi se retrouvent exclus, limitant considérablement l’accès aux nouvelles mesures.

Ainsi, même dans les régions admissibles à une hausse des seuils, peu d’entreprises peuvent en profiter concrètement. « Si le gouvernement du Québec ne priorise pas l’hôtellerie et la restauration, particulièrement en région, on va droit dans le mur. On parle d’entreprises qui vont perdre des travailleurs essentiels uniquement à cause des règles administratives », déplore l’Association.

L’AHQ souligne également que l’exclusion de plusieurs centres urbains québécois des assouplissements fédéraux contribue à créer une iniquité importante entre les régions et le reste du pays.

Un appel à des actions concrètes

Face à cette situation, l’Association presse les gouvernements d’agir rapidement en mettant en place des mesures efficaces et adaptées à la réalité du terrain. Elle demande notamment la prolongation immédiate des permis de travail des employés déjà en poste, l’instauration de règles plus prévisibles, l’inclusion de toutes les régions, et une révision du PSTQ afin qu’il réponde mieux aux besoins des entreprises. « Nos entreprises n’ont pas besoin de bonnes intentions. Elles ont besoin de solutions qui fonctionnent. Et en ce moment, au Québec, ce n’est tout simplement pas le cas », conclut l’AHQ.