Publicité

Rendez-vous électoral 2026 : Frédéric Poulin écarte une candidature pour le PCQ

Photo : Archives Le Placoteux

Ancien maire de Saint-Antoine-de-l’Isle-aux-Grues et ex-candidat du Parti conservateur du Québec lors de l’élection générale de 2022 dans la circonscription de Côte-du-Sud, où il avait terminé au deuxième rang avec 23,41 % des voix, Frédéric Poulin ne sera pas candidat pour le PCQ lors du prochain scrutin, du moins pour l’instant. Une décision réfléchie, nourrie autant par des considérations personnelles que par une réflexion politique de fond.

C’est dans une récente entrevue accordée à Richard Bossinotte sur les ondes de CHOX FM que le principal intéressé a dévoilé ses intentions. « Pour l’instant, je ne me présente pas », affirme-t-il sans détour au Placoteux lors d’un échange téléphonique. Il précise d’ailleurs qu’il demeure malgré tout en dialogue avec la direction du parti. Il a même eu récemment une longue discussion avec le chef du PCQ Éric Duhaime sur le sujet.

Un malaise idéologique au cœur de la décision

Au-delà des circonstances personnelles, c’est surtout sur le plan idéologique que s’exprime son hésitation. Frédéric Poulin dit craindre que le Parti conservateur du Québec s’éloigne progressivement de ses fondements. « Je ne veux pas qu’on devienne une autre ADQ ou une autre CAQ. Quand on est économiquement à droite, une fois élu, on oublie qui on est et ce qu’on voulait faire », soutient-il.

Selon lui, la principale difficulté en politique n’est pas de présenter un programme, mais de le respecter. « Ce qui est le plus dur en politique, ce n’est pas d’avoir de bonnes intentions, c’est de tenir la ligne, sans toujours chercher à plaire à tout le monde », insiste-t-il.

Cette réflexion l’amène à remettre en question l’idée selon laquelle la politique serait avant tout l’art du compromis. « Si tu veux marquer l’histoire et provoquer un vrai changement, ce n’est pas avec des compromis que tu vas le faire, c’est avec des convictions », affirme-t-il, allant jusqu’à dire qu’il se considère « peut-être trop conservateur pour le Parti conservateur ».

L’enjeu de l’identité du PCQ

Frédéric Poulin croit que le PCQ doit affirmer plus clairement son identité. À ses yeux, définir qui l’on est constitue le travail le plus long et le plus exigeant pour un parti politique, mais aussi le plus essentiel. Il observe que plusieurs formations ont perdu cette clarté en multipliant les compromis afin d’élargir leur base électorale.

Il cite notamment l’exemple du Parti libéral du Québec. « Il y a vingt ans, on savait exactement qui étaient les libéraux : le parti de l’économie et de l’entrepreneuriat. Aujourd’hui, on ne sait plus qui ils sont », déplore-t-il. Une dérive qu’il craint de voir se reproduire au PCQ. « C’est ce qu’on est en train de perdre au Parti conservateur si on fait trop de compromis : la définition de qui on est », prévient-il.

Il évoque d’ailleurs une proposition qu’il avait soumise à l’interne, soit de réduire la rémunération des députés avant toute négociation avec la fonction publique. « Ça montrerait aux citoyens qu’on ne se place pas au-dessus d’eux, qu’on est prêt à prendre un coup aussi », explique-t-il.

Contraintes personnelles et regard sur le Québec

Sur le plan personnel, Frédéric Poulin souligne que les nouvelles normes de bien-être animal exigent des investissements majeurs et une réorganisation de son entreprise agricole, de sorte qu’il doit procéder à des choix. « Ça va nécessiter du temps et de la réflexion », dit-il. À cela s’ajoute une réalité familiale : ses deux enfants, âgés de 16 et 18 ans, vivent actuellement aux États-Unis.

Enfin, l’ex-candidat pose un regard sévère sur la performance du Québec. « Dans nos champs de compétence, on ne performe pas. On est médiocre dans ce qu’on contrôle », affirme-t-il, citant les routes, la santé, l’éducation et Hydro-Québec. Avant toute discussion constitutionnelle ou souverainiste, il estime que le Québec doit d’abord redevenir compétitif économiquement.

Pour l’heure, Frédéric Poulin choisit donc de rester en retrait de l’arène électorale, tout en gardant un esprit critique sur la présente situation politique dans la province. « On est déjà en retard dans la course au Québec à maints égards. Et si on continue à décider avec l’émotion plutôt qu’avec une réflexion de fond, ce sont les jeunes qui vont payer la facture », conclut-il.