La MRC de L’Islet demande au gouvernement du Québec de garantir aux régions un financement stable, prévisible, et mieux adapté à leurs réalités en matière de transport collectif.
À la fin de l’année financière 2025, aucune aide n’avait encore été versée à la MRC de L’Islet pour la période allant de 2025 à 2027. Le manque à gagner s’élevait alors à environ 300 000 $. Si les sommes attendues dans le cadre du Programme d’aide au développement du transport collectif ont finalement été confirmées à la mi-juillet, la MRC de L’Islet estime que l’aide annoncée demeure insuffisante pour répondre à la forte hausse de l’achalandage.
Une augmentation considérable
En 2025, plus de 12 500 transports ont été effectués sur le territoire de la MRC, comparativement à un peu plus de 8400 en 2024, soit une hausse de fréquentation de 49,6 %. La progression se poursuit en 2026, avec une augmentation projetée d’environ 35 %, et quelque 17 000 déplacements prévus. En ajoutant les 2000 transports interrégionaux assurés chaque année, le nombre total de déplacements avoisine les 20 000 par année, pour une population de 17 816 habitants.
Cette situation accentue la pression financière sur la MRC qui, pour des raisons sociales et économiques, se doit de maintenir les services à la population. « Le transport collectif permet chaque jour à des centaines de personnes de se rendre au travail, à l’école ou à des rendez-vous médicaux essentiels. Un bris de service entraînerait des conséquences majeures non seulement pour les usagers, mais aussi pour l’ensemble de la région, notamment sur le plan économique. De nombreux travailleurs étrangers utilisent ce service quotidiennement pour se rendre au travail. Sans eux, les activités de plusieurs entreprises seraient compromises », explique le préfet de la MRC de L’Islet, Normand Caron.
Jusqu’à présent, la MRC a choisi de combler le manque à gagner à même ses budgets. À moyen terme, ce scénario n’est toutefois pas viable. « Notre territoire est vaste, et les coûts d’exploitation augmentent continuellement, notamment en raison de la hausse du prix du carburant. Confrontées au même problème, certaines MRC ont décidé de mettre fin au service. Nous ne voulons pas en arriver là, mais nous pourrions y être contraints si rien ne change », souligne M. Caron.
Aucun scénario n’est exclu
À l’heure actuelle, la MRC de L’Islet n’exclut aucun scénario, y compris l’introduction d’une quote-part dédiée à cette compétence. Toutefois, la capacité de payer des municipalités demeure limitée, et cette avenue ne suffirait pas à compenser le sous-financement chronique. Dans une lettre adressée récemment au ministre des Transports et de la Mobilité durable du Québec, Benoit Charette, ainsi qu’au député de Côte-du-Sud Mathieu Rivest, la MRC demande un soutien financier permettant d’assurer l’avenir du service de transport collectif sur son territoire.
« Au cours des dernières années, et encore récemment, des sommes importantes ont été versées aux services de transport collectif en milieu urbain, et ce, à même les fonds publics et les sommes reçues du gouvernement fédéral. Les régions ont-elles aussi des besoins. Il faut en tenir compte, et s’assurer que nous ayons notre juste part du gâteau », conclut M. Caron.
