La Table régionale des élus municipaux de la Chaudière-Appalaches (TREMCA) sonne l’alarme à la suite des nouvelles modalités du Programme d’aide au développement du transport collectif (PADTC) 2025-2027. Selon l’organisme, les changements annoncés risquent de fragiliser le transport collectif dans plusieurs MRC de la région.
Les paramètres du programme ont été communiqués à la fin novembre 2025, alors que plusieurs services étaient déjà maintenus depuis le printemps sans connaître le cadre financier à venir. Cette situation crée de l’incertitude, et complique la planification budgétaire des territoires.
Des manques à gagner importants
L’analyse régionale révèle que l’enveloppe Maintien finance désormais l’essentiel des services, tandis que les enveloppes Développement et Bonification offrent des compléments plafonnés à 5 % et à 4 %. Plusieurs MRC constatent déjà des manques à gagner importants qui pourraient entraîner des réductions de services, particulièrement en milieu rural.
La TREMCA souligne également la modification des règles de calcul de l’enveloppe Développement, qui ne reconnaît plus pleinement les gains réalisés depuis 2019. À cela s’ajoute l’absence d’indexation du programme depuis six ans, malgré la hausse des coûts d’exploitation.
Des demandes claires au ministère
La TREMCA demande au ministère des Transports et de la Mobilité durable d’instaurer un financement plancher basé sur les montants de 2024, afin d’éviter toute baisse de services. Elle réclame aussi une indexation du programme, une hausse des plafonds des enveloppes Développement et Bonification, ainsi qu’une période de transition pour permettre aux MRC d’adapter leurs services sans pénaliser la population.
« Le transport collectif en région n’est pas un luxe : c’est un service essentiel qui permet à des milliers de personnes d’accéder au travail, aux soins et aux services de base. Nous demandons une transition équitable et des ajustements rapides au PADTC pour éviter des coupures qui toucheraient directement les citoyens, notamment les plus vulnérables », affirme Daniel Turcotte, président de la TREMCA.
Le préfet de la MRC de Montmagny, Frédéric Jean, bien qu’ayant démissionné de son poste entre-temps pour des raisons professionnelles, abonde dans le même sens : « Le PADTC doit soutenir le maintien des services, pas forcer les territoires à faire des choix impossibles. Une période de transition et une indexation adéquate sont nécessaires pour assurer la continuité des dessertes. »
De son côté, Véronique Brochu, présidente du CRECA (Conseil régional de l’environnement Chaudière-Appalaches), souligne que les nouvelles modalités ont été communiquées tardivement. « Sans période de transition et sans indexation, plusieurs territoires risquent de devoir réduire l’offre, ce qui serait un recul préoccupant pour l’accessibilité des citoyens, et pour les objectifs de mobilité durable de la région. »
La TREMCA, qui regroupe les préfets et un élu de chacune des MRC de la Chaudière-Appalaches, affirme vouloir poursuivre les représentations auprès du gouvernement afin d’obtenir des correctifs rapides.
