Une application de première ligne pour la santé mentale des agriculteurs

Hélen Bourgoin. Crédit photo: Le goût des autres

Une ancienne résidente de La Pocatière entend faire développer, avec un collègue, une application sur le téléphone cellulaire qui permettrait de prévenir la détresse chez les agriculteurs.

Hélen Bourgoin, qui habite maintenant la région du Centre-du-Québec, a été travailleuse de rang par le passé. Elle est aussi originaire de La Pocatière. Passionnée d’agriculture et de santé mentale, elle cherchait une façon d’amener les agriculteurs en mauvaise posture psychologiquement à demander de l’aide.

« Je trouvais justement qu’il y avait cette zone grise, avant une intervention, ce qui fait que les gens n’appellent pas ou ne demandent pas d’aide. L’application permet de donner un coup de main et de peut-être dire que la personne est rendue à aller consulter. C’est de la prévention et de la promotion », résume Hélen Bourgoin, qui ajoute que l’application ne remplace pas l’humain.

L’outil d’auto-évaluation de l’état psychologique des agriculteurs se retrouverait directement sur le cellulaire des gens, qui l’ont toujours en poche. Le but est de faire prendre conscience de l’état d’esprit de chacun et de référer à des ressources si besoin est. Plusieurs ignorent qu’il existe au Québec un réseau en santé mentale spécialisée en agriculture : une maison de répit à Saint-Hyacinthe, des travailleuses de rang qui parcourent les campagnes, ainsi que des agronomes, technologues et vétérinaires qui agissent comme sentinelles pour détecter des idées suicidaires, précise-t-on.

Le duo composé d’Hélen Bourgoin et Étienne Gosselin a donc lancé une campagne de sociofinancement sur Internet, visant à amasser 35 000 $ pour développer la programmation informatique de l’application, faire une validation scientifique prélancement de l’outil et obtenir un avis juridique à afficher lors du téléchargement de l’application. Lundi, plus de 60 % de l’objectif du financement était atteint.

Actuellement, Mme Bourgoin et M. Gosselin travaillent bénévolement sur le projet, mais devraient constituer un OBNL pour passer en deuxième vitesse. Ultimement, l’application serait ciblée par région et par production, pour être plus efficace.

« La personne qui s’inscrit pourra indiquer par exemple qu’elle est du Bas-Saint-Laurent et qu’elle a une production laitière. Notre job sera par exemple d’indiquer “le lait vient de chuter, comment tu prends ça, as-tu des moyens ?”. On va pouvoir le personnaliser encore plus », d’ajouter Mme Bourgoin.

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