Aux origines du tourisme fantastique à Pohénégamook

Le village et le lac Pohénégamook en 1922. Crédit photo : Archives de la Côte-du-Sud.

Le lac Pohénégamook attire aujourd’hui les touristes et les amateurs de plein air pour plusieurs raisons. Mais un étrange phénomène pique également la curiosité des visiteurs depuis nombre d’années.

À la fin des années 1950, la rumeur de la présence d’un mystérieux mammifère marin difficile à identifier refait surface au lac Pohénégamook. Elle attire les curieux et on commence à relever des témoignages et des observations de ce monstre qui remonteraient jusqu’aux années 1870. La rumeur frappe l’imaginaire et certaines personnes ne veulent plus se baigner dans les eaux du lac. Les inquiétudes des visiteurs se rendent jusqu’à l’Assemblée nationale et en 1957 le gouvernement demande à des scientifiques de s’enquérir du phénomène.

L’annonce dans les quotidiens du Québec de la venue de biologistes a un effet d’entraînement. Les curieux et les photographes amateurs se dirigent vers le lac Pohénégamook, prêts à attendre des heures pour croquer sur le vif le monstre marin. Au nom du gouvernement du Québec, le biologiste Vadim Vladykov réalise donc une enquête auprès des habitants de Saint-Eleuthère. Il aurait appris que le curé de la paroisse aurait tenté de faire un élevage d’esturgeons dans le lac Pohénégamook, mais sans succès. Son rapport serait introuvable et celui-ci n’aurait pas tiré de conclusions sur la question.

Dans les mois qui suivent, on assiste alors à l’émergence du tourisme fantastique à Pohénégamook. En janvier 1958, le ministre des Pêcheries du Québec, Camille Pouliot, affirme que la publicité du monstre a été très profitable à la région de Saint-Eleuthère. Les grands quotidiens et la presse à sensation ont contribué à le faire connaître. Lors du centenaire de l’arrivée des premiers colons en 1974, on le baptisera Ponik. Depuis les années 1960, les amateurs de cryptozoologie viennent de partout dans le monde pour tenter de percer le mystère du lac Pohénégamook. Ponik est d’ailleurs répertorié dans plusieurs guides sur les monstres marins de la planète.