Le conseil municipal de Saint-Jean-Port-Joli a franchi une nouvelle étape vers une collaboration accrue en matière de sécurité incendie. Les élus ont récemment adopté à l’unanimité une résolution autorisant le dépôt d’une demande d’aide financière visant à étudier la possibilité de conclure une entente intermunicipale avec Saint-Aubert et L’Islet. Cette démarche, qui pourrait mener à la fusion des trois services incendie, s’inscrit dans une volonté de moderniser l’organisation régionale, et d’assurer une réponse efficace aux exigences croissantes du milieu.
Le projet est soumis dans le cadre du volet Coopération et gouvernance municipale du Fonds régions et ruralité, sous-volet Coopération intermunicipale. Les trois municipalités souhaitent ainsi mener une étude de faisabilité détaillée. Celle-ci devra analyser les avantages anticipés, les économies possibles, les modalités d’application, les structures administratives à prévoir, et les impacts sur le niveau de service offert à la population. L’objectif demeure de mesurer clairement la faisabilité d’une fusion complète, ou à tout le moins, d’un regroupement majeur de ressources.
Joint par Le Placoteux, le maire de Saint-Jean-Port-Joli Normand Caron ne cache pas que cette réflexion s’inscrit dans un mouvement plus large touchant l’ensemble du monde municipal. Pour lui, plusieurs services devront tôt ou tard passer par des regroupements pour demeurer viables. Il cite notamment la situation actuelle du service incendie. « Actuellement, on partage notre directeur incendie, François Caron, avec L’Islet, soit 25 h à Saint-Jean-Port-Joli et 15 h à L’Islet. Il faut comprendre que les demandes ministérielles en la matière sont de plus en plus complexes, de sorte que c’est rarissime d’avoir un bon directeur incendie qui excelle sur le terrain tout en étant un bon administrateur, dans le sens classique du terme. Habituellement, nos officiers sont en mesure de commander sur le terrain, mais la tâche administrative, de plus en plus compliquée, exige des qualités spécifiques. »
Le conseil municipal assure avoir étudié attentivement le Guide du demandeur associé au programme, et s’engage à respecter toutes les obligations liées à la démarche, notamment la prise en charge de la part minimale des coûts, et la gestion administrative du dossier. Saint-Jean-Port-Joli souligne d’ailleurs que son intention première demeure une fusion complète des services incendie des trois localités.
Fusion municipale toujours dans la mire
Parallèlement à ce dossier, le projet de fusion municipale entre Saint-Jean-Port-Joli et Saint-Aubert demeure d’actualité. Malgré le retrait de Saint-Roch-des-Aulnaies, la Municipalité de Saint-Jean-Port-Joli maintient son désir de poursuivre le processus.
La Direction régionale de Chaudière-Appalaches du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH) devra toutefois recalculer certains paramètres de l’étude initiale, puisque Saint-Roch ne fait plus partie de l’équation. La réponse du ministère devrait être connue à la fin du mois de février 2026.
Référendum ?
Normand Caron réaffirme que la population jouera un rôle clé dans cette décision, et qu’un référendum sur la question n’est pas exclu. « Si on se rend compte qu’il y a un certain mouvement qui s’oppose au projet, il est clair que les municipalités concernées pourraient consulter directement leur population respective sur le projet de fusion entre les deux localités », explique-t-il.
Le maire Caron reconnaît en effet que certaines réticences pourraient découler d’un attachement identitaire, mais il demeure cependant persuadé que l’avenir passe par des collaborations accrues. « Si on ne fusionne pas, nous devrons absolument travailler sur les regroupements de services, afin qu’on puisse garantir la qualité desdits services à nos populations. Ça, j’en suis convaincu ! »
