L’élevage des animaux à fourrure est un aspect méconnu de l’histoire de la Côte-du-Sud. À la fin des années 1890, l’idée d’implanter des fermes d’élevage fait son chemin au Québec.
S’inspirant sans doute du livre d’Henry de Puyjalon traitant de l’élevage des animaux à fourrure, Johan Beetz sur la Côte-Nord et Achille Tremblay à Saint-Urbain dans Charlevoix sont les premiers à ouvrir des renardières au Québec. Les fermes d’élevage se sont développées dans tout le Québec en raison de la diminution importante des renards sauvages pour le commerce des fourrures. En 1924, on en compte 295.
Le Kamouraska n’est pas étranger à l’implantation de fermes d’élevage de renards. À Saint-Pacôme, en 1924, le marchand de bois Harold A. Harding se qualifie comme un éleveur de renards, de même que Louis Saint-Pierre à Saint-Aubert. À la fin des années 1930, 42 éleveurs se partagent le territoire dans ce créneau qui touche particulièrement les renards croisés. C’est à Saint-Pascal qu’on en trouve le plus vers 1938 ; la municipalité en compte 11.
Dans le comté municipal de L’Islet, la vulpiculture (élevage des renards) est pratiquée dans plusieurs municipalités, particulièrement à Saint-Jean-Port-Joli qui compte 21 renardières à la fin des années 1930. L’importance du commerce des peaux de renard permet à l’éleveur Jos Gagnon de se spécialiser dans la préparation d’une nourriture de croissance qu’il vend à d’autres éleveurs dans une bonne partie de la province. D’autres renardières se développent au sud du comté de L’Islet. On en trouve 24 à Saint-Pamphile. D’autres autres voient le jour à L’Islet (6) Saint-Aubert (8), Sainte-Louise (6), Saint-Marcel (6), et Saint-Eugène (10).
S’il y a bien eu un engouement pour l’implantation de renardières sur la Côte-du-Sud durant les années 1930, l’élevage des animaux à fourrure a décliné en raison de la chute des prix, et dans les décennies suivantes pour des considérations éthiques.
