Touche pas à mon cadavre est le quatrième volet des chroniques de la Mastigouche d’André Marois, notre meilleur spécialiste de l’humour noir et du polar rocambolesque.
Par une nuit plutôt merdique, sous une pluie torrentielle et une visibilité plutôt nulle, Roger Dubord, un entrepreneur en bâtiment local, percute à mort un cycliste avec son pick-up Ford. Craignant pour son permis de conduire, il décide de camoufler le corps. Il coince le cadavre dans un coffre en plastique jaune dont il vérifie l’étanchéité, et le place derrière sa maison, sur le bord de la rivière. Il a un plan pour s’en débarrasser dès le lendemain…
Mais la rivière en a décidé autrement… Pendant la nuit, à cause des fortes pluies, la Mastigouche est montée très haut sur son terrain, emportant tout sur son passage, y compris le coffre et le macchabée ! La suite, impossible à résumer, est rocambolesque à souhait : un gars du village disparaît, quelqu’un retrouve le coffre perdu, un autre le vole avec son contenu macabre. S’ensuit une tentative de chantage, puis une autre disparition, des négociations (autour du cadavre) qui finissent mal, une troisième victime, une enquête policière, et d’autres rebondissements dramatiquement loufoques… Ça fout le vertige, mais on rigole !
Alors que les ennuis de Roger se corsent, voilà qu’entre en jeu Jacqueline Latourette (oui, LA Jacqueline de La sainte paix, le polar précédent) toujours aussi mal embouchée, et frustrée par la présence sur la rive d’en face de nouveaux voisins et de leurs deux insupportables gamins. Et encore une fois, elle se met à élaborer un plan pour se débarrasser définitivement de ces indésirables.
Ayant quelque peu fouiné dans les activités plus que louches de Roger, puis découvert son forfait et ses suites létales, elle a soudain une idée brillante ! Elle va l’aider à camoufler le cadavre du cycliste, toujours aussi encombrant, en échange d’un petit service… Le stratagème inventé par la machiavélique voisine est un épisode qui vaut son pesant d’or. Bref, ce polar, perle d’humour noir, est un récit très distrayant qui ne contredit pas l’adage populaire selon lequel « ça n’est pas parce qu’on rit que c’est drôle » !
