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Eau de Pâques

Photo : Luka Savcic, Unsplash

Les croyances religieuses, en définitive, réfèrent toutes aux cycles de la Nature. Pâques, c’est le printemps : la résurrection de Jésus, l’illumination de Bouddha, la renaissance de Zoroastre, l’enlèvement de Mahomet, le passage de la mer Rouge avec Moïse, la nouvelle naissance des baptisés, bien sûr, mais au fond, c’est toujours la résurrection de la vie au printemps.

L’eau et le feu

Le printemps pour nous, c’est d’abord le dégel, le retour de l’eau, la fonte des neiges, le gonflement des rivières, la débâcle, l’eau sucrée qui monte dans les érables, l’eau qui réveille les racines et les semences, l’eau qui abreuve la vie endormie. Puis, c’est le Soleil qui se rapproche, la lumière qui nourrit les arbres et la végétation, la chaleur qui nous régénère, le feu qui nous embrase, les récoltes qui gonflent les champs, les réserves pour l’hiver prochain.

Notre planète, la Terre, est la seule connue où la vie se maintient depuis près de quatre milliards d’années. Les autres planètes connues sont désertiques. Et c’est grâce à un ensemble de conditions qui s’y sont trouvées miraculeusement réunies que la vie s’y est développée et maintenue : sa taille ronde (40 000 kilomètres), la distance de son étoile, le Soleil (150 millions de kilomètres), son orbite autour du Soleil (une année) et sur elle-même (jour et nuit), l’inclinaison de son axe (23 degrés qui font les saisons), son atmosphère (oxygène), sa composition. Autant de coïncidences cosmiques qui ont assuré sur notre planète une température ni trop chaude, ni trop froide, et de l’eau sous forme liquide, permettant ainsi à la vie de se développer dans les océans avant de couvrir les continents de végétaux, puis d’arbres, puis d’animaux, puis d’humains intelligents et conscients (bientôt huit milliards).

Un équilibre fragile

Cet équilibre est fragile. Et depuis que nous avons trouvé le moyen d’extraire et d’utiliser cette énergie magique qu’est le pétrole enfoui sous terre, nous émettons toujours plus de gaz qui ont un effet de serre autour de la Terre, et nous produisons de plus en plus de déchets de carbone (plastiques) qui contaminent notre environnement. Nous vivons comme dans une serre surchauffée et polluée. L’eau se fait plus rare, et le Soleil trop chaud. Le climat change. La terre s’assèche. Les forêts brûlent. Les vents se déchaînent. Les insectes, les oiseaux, les poissons et les bêtes disparaissent. Les glaces fondent. Les océans montent et se réchauffent. Les migrants périssent en mer, ou sont refoulés aux frontières. Les maladies incurables se propagent à des âges de plus en plus précoces.

Notre planète est petite et fragile : il faut en prendre soin. Ses ressources ne sont pas infinies : il ne faut pas les gaspiller. L’eau et la lumière sont essentielles à la vie : n’attendons pas qu’elles nous manquent… ou nous tuent.

Fête de la vie

Célébrons la vie, l’eau, la lumière, le Soleil, la Terre qui nous font vivre, penser, espérer et aimer. À côté de ces merveilles, les « cochonneries » et les extravagances de notre société de consommation sont bien peu de choses. Il ne faut pas laisser les vendeurs de rêves nous aveugler. Et que dire de nos guerres qui démolissent tout, et causent des souffrances humaines inimaginables : il faut les empêcher par tous les moyens, et détourner nos enfants de la violence.