(Première partie)
La Pocatière est un lieu emblématique dans l’histoire de l’enseignement agricole au Québec. C’est dans cette localité qu’on voit naître la première école d’agriculture au Québec en 1859, sous l’initiative de l’abbé François Pilote, supérieur au collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière.
Yves Hébert
Pour mieux diffuser ce qui se fait dans ce secteur, l’abbé Pilote fonde La Gazette des campagnes en 1861, un journal bihebdomadaire illustré d’enseignement « pratique et populaire » d’agriculture et de colonisation. Il confie la direction de ce journal à Émile Dumais qui de chez lui à Kamouraska édite les premiers numéros. À la demande de l’abbé Pilote, l’imprimeur Firmin Proulx s’installe dans les locaux de l’école d’agriculture pour diriger ce journal. Possédant un autre atelier au village, il publie la gazette jusqu’en 1895.
Un exemplaire comprend une douzaine de pages, et l’espace rédactionnel est consacré à des causeries littéraires, à l’actualité internationale, et à un feuilleton romancé. S’ajoutent quelques nouvelles de la Société d’agriculture du comté de Kamouraska. On peut y lire aussi des recettes de cuisine, et des chroniques sur divers sujets touchant les cultivateurs.
Les causeries reflètent les préoccupations des éditeurs sur des questions agricoles. On y traite notamment de la plantation des arbres fruitiers, de l’utilisation de la chaux sur les fermes, et des industries agricoles telles que les beurreries et les fromageries. Également de l’état de l’agriculture et d’organisations comme la Société de pomologie de la province de Québec, consacrée à l’étude, à l’identification, à la classification et à la description des fruits comestibles (pommes, poires, cerises, etc.). L’espace publicitaire est restreint, et comprend surtout des publicités provenant de marchands et d’avocats de Québec. Cette publication ouvre la voie à d’autres études sur l’enseignement agricole dans les décennies suivantes, et ce, par le biais des agronomes, une nouvelle profession constituée en 1915.