Près d’un enseignant sur deux estime ne posséder que des notions de base en intelligence artificielle (IA), alors que cette technologie prend de plus en plus de place dans les écoles. Devant ce constat, la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) réclame davantage de balises, de formations et d’outils pour soutenir le personnel enseignant.
Les données proviennent d’un sondage mené auprès de 5700 participants dans le cadre du colloque pédagogique Maîtres de notre profession ! organisé par la FSE-CSQ. L’organisation souhaitait mieux comprendre les usages, les besoins et les préoccupations des enseignants face à l’IA.
« Même s’ils estiment que l’intelligence artificielle a un potentiel indéniable, les enseignants nous ont dit avoir bien peu d’encadrement face à cette technologie incontournable qui se développe à vitesse grand V », affirme Richard Bergevin, président de la FSE-CSQ.
Selon le sondage, 47 % des répondants jugent ne posséder que des connaissances de base liées aux aspects techniques et pratiques de l’IA. De plus, 46 % disent n’avoir reçu aucune information de leur direction ou de leur centre de services scolaire à ce sujet. Seulement 19 % affirment avoir reçu certaines balises.
Peu d’outils
Les enseignants interrogés souhaitent notamment avoir accès à des répertoires d’outils validés, à des politiques claires, ainsi qu’à des formations portant sur les enjeux pédagogiques, professionnels, éthiques et sécuritaires liés à l’IA.
Le plagiat, la tricherie et la « paresse intellectuelle » figurent parmi les principales préoccupations soulevées sur le plan pédagogique. Les répondants évoquent aussi des inquiétudes éthiques concernant la désinformation, les droits d’auteur, la protection des données personnelles et le poids environnemental de l’intelligence artificielle.
« Les attentes des enseignants sont grandes envers l’IA. Ils se retrouvent à porter souvent seuls le poids de leur développement professionnel à cet égard », soutient Richard Bergevin. La FSE-CSQ demande au ministère de l’Éducation de développer des outils validés sur le plan éthique, et de clarifier les règles entourant l’utilisation de l’IA dans le milieu scolaire.

