La campagne électorale qui commence est doublement une épreuve. D’abord parce que nous allons devoir subir les assauts de non pas deux ou trois partis, mais de cinq qui vont convoiter notre vote par toutes les ruses. Mais surtout, parce que nous allons devoir faire des choix sur ce que nous voulons comme services, et comme avenir pour notre peuple. La parole est aux citoyens, même si ce sont plus que jamais les partis qui dictent les règles du jeu.
Les services de santé, l’éducation, le logement, le transport, les routes, les aînés, les itinérants, la justice, l’épicerie, l’essence : autant d’enjeux qui nous touchent. Lors de la Révolution tranquille, nous avons opté pour la solidarité : des services accessibles à tous gratuitement, ou à prix réduit. Cela a donné lieu à des systèmes publics de plus en plus gros, coûteux, embourbés dans la bureaucratie et la transformation numérique. Les politiciens ne savent plus comment sortir de l’impasse. Certains voudraient carrément qu’on revienne au privé, comme aux États-Unis. D’autres, qu’on décentralise pour les sortir de la bureaucratie. D’autres encore, qu’on pousse plus loin la solidarité fiscale pour les financer. Notre modèle de solidarité sociale est fragilisé : il faut y voir.
L’économie et l’emploi
Les tarifs de Trump mettent nos entreprises et nos emplois en péril. Sur quoi va-t-il falloir compter pour maintenir notre niveau de vie? Notre énergie, avec Hydro-Québec comme chef de file? Une plus grande autonomie des régions dans la gestion de leurs ressources? Plus ou moins de subventions aux entreprises? Plus d’autonomie aux communautés régionales et locales? Plus d’autonomie alimentaire? Moins d’impôts? Questions difficiles.
Crise du climat et de l’environnement
Les signes du réchauffement du climat et de la dégradation de la nature se multiplient. Nous savons que la cause principale est le pétrole, les transports, et le « progrès » à tout prix. Sommes-nous prêts à prendre les grands moyens pour changer notre mode de vie, ou allons-nous nous satisfaire des mesures-bonbons que nous proposent les partis pour ne pas nous déplaire? Le temps presse. Les spécialistes parlent de 2030 comme le point de non-retour.
L’avenir de notre peuple
Notre peuple est unique, et sa survie a quelque chose de miraculeux. La Constitution canadienne ne nous reconnaît pas comme peuple fondateur distinct, mais fait de nous une province comme les autres. Avec l’immigration massive, la mondialisation, les médias électroniques et l’impérialisme états-unien, notre survie et notre épanouissement comme seul peuple français en Amérique du Nord est plus difficile que jamais. La culture, la langue, le territoire sont aussi essentiels au bonheur que l’argent. Nous avons besoin d’une souveraineté politique suffisante pour assurer notre avenir comme peuple distinct. Ce qui ne doit pas nous empêcher d’accueillir les autres, et surtout de cohabiter avec les Premières Nations qui nous ont accueillis sur leur territoire.
Chaque parti a son point de vue sur ces questions existentielles. Mais c’est à nous, citoyens, le peuple, de dire dans quel pays nous voulons vivre, et comment nous voulons nous gouverner.
La démocratie, c’est-à-dire le pouvoir du peuple, n’a jamais été aussi malmenée, et la volonté d’une minorité de milliardaires de dominer la planète jamais aussi puissante.
Moi, je choisis la démocratie, la solidarité, la liberté… et mon Pays.
