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La robe à Céliiiiine

La robe de Céline. Photo : Marc Larouche

Le blé d’Inde, la rentrée, l’Halloween, Noël, la nouvelle année, un autre printemps qui me chauffe la couenne, avec l’automne sonne la roue de la vie comme le chante Elton John pendant que le singe Rafiki tient le petit Simba à bout de bras.

Qu’avez-vous fait de bon durant vos vacances ? Repos ? Découvertes ? Projets personnels ? Si vous avez juste tondu le gazon, c’est correct. À chacun ses moments de relaxation.

Moi, j’ai essayé de voir le monde autrement. La vue en plongée des montagnes de Charlevoix derrière les îles du Kamouraska, et le si beau fleuve à partir du rang du Mississipi m’ont donné le goût de voir le monde en hauteur. Le rat de ville que je suis s’est retrouvé à Montréal, dans l’une des cabines climatisées de la Grande Roue. À 60 mètres de hauteur, l’équivalent d’un immeuble de 20 étages, la vue sur la ville gratifiée d’un silence salvateur n’est pas la même. Du sommet de la plus haute roue d’observation au Canada, on se surprend à rêver d’un monde meilleur.

Puis on mange une poutine.

C’est cette observation qui m’a donné envie d’en savoir plus sur l’endroit. Direction la Maison Saint-Gabriel, cette maison de ferme à l’architecture rurale d’inspiration française que l’on visite de la cave au grenier. Acquise en 1668 par Marguerite Bourgeoys, pionnière de l’éducation au Canada, puis reconstruite après un incendie en 1698, elle a été pendant près de 300 ans un lieu important de la Congrégation de Notre-Dame.

On y découvre notamment le passage des Filles du Roy, envoyées en Nouvelle-France sous Louis XIV, ainsi que la vie quotidienne de celles et ceux qui ont contribué à bâtir la société de l’époque. La visite nous plonge dans une époque où l’on faisait beaucoup avec peu. Les objets, les meubles et les pièces donnent l’impression que les occupants en sont sortis à peine quelques minutes auparavant. Les sœurs étaient autonomes en vivres, et cultivaient leurs propres légumes, dont des oignons. Et souvent, elles en croquaient un gros bien frais. Comme à l’époque, on ne se brossait pas les dents…

Retour au présent avec un passage au Centre des mémoires montréalaises, qui raconte l’histoire de Montréal à travers des témoignages de citoyens d’hier et d’aujourd’hui. Surprenant. Et comme il est situé au-dessus d’une foule de restaurants, on s’offre… une autre poutine !

Finalement, je me suis retrouvé au Musée McCord Stewart pour la cerise sur le sundae : la robe Dior à Céliiiiine, qu’elle portrait sur la tour Eiffel en 2024. Impressionnant. Je l’ai regardée. Longtemps.

Mais j’avoue que l’exposition permanente Voix autochtones d’aujourd’hui, qui présente les témoignages des membres des 11 nations autochtones du Québec, m’a touché et choqué. Les entendre parler de leur savoir, raconter leur histoire est troublant.

Et puisque j’étais déjà lancé dans les voyages dans le temps, j’ai aussi revécu les Jeux olympiques de Montréal de 1976. Oui, oui, revécu. J’étais né ! L’exposition Montréal 1976 : une épreuve olympique revient sur cet événement mémorable avec présentations vidéo, et de nombreux documents et artefacts.

Montréal se regarde de haut, mais se dévoile véritablement sur le plancher des vaches, même si vaches il n’y a pas vraiment…

Assez de philosophie. Pour rafraîchir mes connaissances du passé d’ici, j’irai certainement revisiter le Musée québécois de l’Agriculture et de l’alimentation de La Pocatière, où l’on présente la vie rurale des 19e et 20e siècles, et aussi — tout est dans tout — une exposition sur la poutine !