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INNO-3B évoque différents scénarios pour l’avenir des JDC

Martin Brault au côté des deux tours de production dans la sacristie de l’église de Saint-Pacôme.

L’entreprise INNO-3B est prête à analyser différents scénarios concernant l’avenir de l’OBNL les Jardins du clocher (JDC), propriétaire de l’église de Saint-Pacôme. À la suite de trois nouvelles démissions au conseil d’administration de l’OBNL, INNO-3B évoque la possibilité de racheter l’église, ou encore de créer une coopérative qui pourrait s’en porter acquéreur si l’OBNL actuel n’arrive plus à réaliser sa mission.

Le modèle initial des Jardins du clocher était basé sur la production de légumes et de végétaux au sein de tours d’agriculture verticale en milieu fermé, une technologie développée par l’entreprise INNO-3B. La chaleur dégagée par les machines devait servir à chauffer le bâtiment, tandis que les revenus de la vente des légumes et végétaux auraient permis de préserver le joyau architectural que représente l’église de Saint-Pacôme.

Différents problèmes d’approvisionnement durant la pandémie de COVID-19 ont eu pour conséquence de retarder la livraison de cette technologie par INNO-3B, sur laquelle la rentabilité de l’OBNL reposait essentiellement.

Après plus d’une année à mener une production avec de l’équipement improvisé dans la sacristie, l’ancien conseil d’administration n’a eu d’autres choix que d’en venir à l’évidence que la productivité n’était pas suffisante pour assurer les revenus nécessaires à la préservation de l’église de Saint-Pacôme.

Une pause de quelques mois s’est ensuivie. Une nouvelle mission, orientée vers des activités communautaires tournant autour de l’autonomie alimentaire, a été présentée en assemblée générale annuelle comme étant la voie d’avenir de l’OBNL. Le fonctionnement de la première tour de production d’INNO-3B, dont le montage était à ce moment complété dans la sacristie, serait laissé aux soins d’un opérateur que l’entreprise s’engageait à dénicher, et qui aurait payé un loyer à l’OBNL.

Or, rien n’a bougé depuis dans la sacristie de l’église de Saint-Pacôme. La deuxième tour de production a bien été ajoutée, mais rien n’en est réellement ressorti pour la vente. Essentiellement, seuls des tests ont été réalisés.

L’opérateur, quant à lui, se fait aussi toujours attendre. INNO-3B, qui s’était engagée à payer les frais du loyer en attendant de trouver l’opérateur, aurait accumulé du retard dans les versements, selon ce qui a été évoqué par l’ancien président Robert Bérubé, de sorte que cette situation aurait contribué à fragiliser encore davantage la situation financière précaire de l’OBNL.

Martin Brault, pdg d’INNO-3B et administrateur aux JDC, s’était défendu de ces allégations en janvier dernier. Depuis, il semble entretenir une forme d’amertume à l’égard du conseil d’administration élu à la suite de l’AGA du 19 juin 2023, et dont trois administrateurs ont depuis démissionné, notamment Robert Bérubé. « Je le dis avec tout le respect qui soit, tout le monde là-dedans [le CA] veut que ça fonctionne. Des efforts ont été mis en pensant que c’était ce qu’il fallait faire, mais à un moment donné, il faut se rallier autour d’un projet commun », dit-il aujourd’hui, en réaction.

Projet à déterminer

Ce projet commun ne fait visiblement pas l’unanimité. Avant qu’il ne quitte ses fonctions, le président démissionnaire voyait le rapatriement de certains services communautaires offerts dans des édifices de la municipalité de Saint-Pacôme comme la planche de salut de l’OBNL, puisque ceux-ci auraient permis d’assurer une certaine forme de récurrence dans les revenus pour les JDC.

Sa démission et celle de deux autres administrateurs ont suivi le refus de la Municipalité d’envisager cette option. « Je vais mettre mon chapeau d’INNO-3B, et je dois avouer qu’on a une forme d’inquiétude par rapport à l’avenir financier des JDC. En valeur marchande, on a investi l’équivalent de 1,6 M$ pour les deux tours de production, et pour tous les équipements liés à leur fonctionnement. Ces investissements d’un privé dans un projet collectif ne sont pas communs au Québec », a rappelé Martin Brault.

Parmi les scénarios envisagés, INNO-3B suggère maintenant qu’elle pourrait racheter l’église, ou encore que l’opérateur, toujours inconnu, puisse se constituer en coopérative ou en OBNL, et faire de même. Ces avenues auraient été soulevées auprès de différents administrateurs des JDC depuis un an. « Après six ans, beaucoup d’argent a été mis par plusieurs partenaires, et si l’OBNL n’arrive plus à soutenir sa mission ni à créer de la valeur, la question se pose à savoir quel est le bon véhicule pour l’avenir de l’église. »

Pour les six mois à venir, INNO-3B prévoit utiliser les installations dans la sacristie de l’église pour faire de la production de végétaux devant servir à la recherche pour une société pharmaceutique. Selon Martin Brault, le futur opérateur pourrait très bien continuer dans cette veine, sans nécessairement produire des végétaux pour la consommation humaine. Avec la surface actuellement disponible dans les deux tours, le pdg d’INNO-3B évoque qu’environ 50 000 à 100 000 kg en biomasse pourraient être produits, avec une rentabilité frôlant les 200 000 $ annuellement lors d’une pleine production.

Le Placoteux a rencontré Martin Brault aux Jardins du clocher. Le journal a tenté de joindre la vice-présidente Francine Boucher par courriel afin de discuter des propos évoqués par Martin Brault, mais elle a décliné notre demande d’entrevue, précisant qu’elle nous contacterait lorsqu’elle jugerait le moment opportun.