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Le mystère des neuf serrures

Philip Gray. LA MAISON AUX NEUF SERRURES, Paris, Sonatine, 2025, 472 pages

Après l’excellent Comme si nous étions des fantômes, l’auteur britannique Philip Gray nous revient avec La maison aux neuf serrures, un nouveau polar atypique passionnant.

L’intrigue se passe dans deux villes de Belgique, à deux époques différentes.

L’action commence à Bruxelles en février 1952, quand un incendie se déclare dans un entrepôt. On y retrouve le corps d’un veilleur de nuit. Simple accident ? Envoyé sur les lieux, le commandant De Smet semble en douter et enquête.

Gand, avril 1957. Après une enfance marquée par la polio, la jeune Adélaïs De Wolf reçoit de son oncle un curieux héritage : une maison dont elle ignorait l’existence. Celle-ci possède neuf serrures, et Adélaïs découvre bientôt, à sa grande stupéfaction, les raisons d’une telle protection. Alors que son existence prend un tour totalement inattendu, elle va devoir faire face aux investigations du commandant De Smet, un homme qui ne lâche rien, jamais.

En plus de « l’héroïne » et de son fidèle ami Sebastian, les protagonistes sont l’enquêteur De Smet et son adjoint Toussaint, la jeune Saskia, meilleure amie et complice un peu trop téméraire d’Adélaïs, ainsi que l’oncle Cornelis, dont les activités peu recommandables vont attirer l’attention des autorités, et sceller le destin de sa nièce et de son entourage.

Si la première partie est un peu longuette, la seconde, par contre, est passionnante alors que les révélations surprenantes se superposent et renforcent le suspense, avec ce genre d’histoire tordue où le lecteur se sent obligé de prendre parti pour des criminels sympathiques ! Les personnages sont magnifiques, notamment Adelaïs De Wolfe, jeune femme d’une ténacité exemplaire : malgré un handicap physique, une famille dysfonctionnelle, et un flic enquêteur à l’ancienne, entêté et un peu trop curieux, elle tire son épingle du jeu, mettant à profit le legs mystérieux et lucratif de son oncle.

Les séquences finales, où l’action violente reprend ses droits, nous mènent à un dénouement des plus dramatiques, et totalement inattendu ! Ce polar d’ambiance est très différent du premier, mais il est tout aussi bon !