Le Placoteux accueille « avec prudence et espoir » les ententes de principe conclues entre Postes Canada et le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP), tout en précisant qu’il est trop tôt pour annoncer le retour de la distribution du journal par la poste. Depuis le début du conflit, l’hebdomadaire distribue ses 18 500 exemplaires grâce à un réseau de points de chute.
« Il y a eu plusieurs rebondissements dans cette saga. Nous préférons donc attendre que les ententes deviennent officielles avant d’annoncer le retour de la distribution du journal par la poste. Mais nous souhaitons que ce soit la bonne, cette fois-ci, et que le tout puisse se régler le plus rapidement possible », a déclaré Louis Turbide, directeur général du Placoteux.
Deux ententes de principe, mais rien de signé
Le STTP a confirmé le 21 novembre avoir conclu « deux ententes de principe » concernant les unités urbaines et Factrices et facteurs ruraux et suburbains (FFRS), mais celles-ci ne sont pas encore connues du public. Les grèves tournantes sont suspendues pendant que les parties finalisent le libellé des conventions.
Si aucun accord final n’est trouvé, le Syndicat prévient que la grève pourrait reprendre à l’approche des Fêtes. Les deux conventions collectives actuelles demeurent en vigueur jusqu’à l’adoption des textes finaux. L’employeur a quant à lui confirmé les ententes, mais n’a pas souhaité commenter davantage tant que les conventions ne sont pas prêtes à être signées.
Plus de deux ans de négociations
Ce conflit de travail a été marqué par de multiples rebondissements. Les employés réclamaient de meilleurs salaires et une sécurité d’emploi accrue, tandis que Postes Canada évoquait la nécessité d’une restructuration majeure pour redresser ses activités. Le 25 septembre, une grève nationale a été déclenchée en réaction aux mesures d’économie annoncées par Ottawa, dont la fin de la livraison du courrier à domicile. Le 9 octobre, le syndicat a rétabli une livraison limitée du courrier en instaurant des grèves tournantes.
Une situation financière historique et alarmante
Ces ententes interviennent alors que Postes Canada traverse sa plus grave crise financière. La société a enregistré une perte avant impôt de 541 M$ au troisième trimestre de 2025 — la plus lourde de son histoire —, principalement en raison des grèves qui ont fait chuter les revenus des colis d’environ 40 %. Les pertes cumulées des neuf premiers mois atteignent 989 M$, laissant entrevoir une année noire sans précédent.
Le gouvernement fédéral a déjà versé 755 M$ sur un financement prévu de 1,034 G$, mais Postes Canada prévoit utiliser la totalité de cette somme d’ici décembre, et devra ensuite recourir à du financement à court terme pour rester solvable.
Un virage structurel inévitable
Face à cette situation, Ottawa a autorisé une transformation majeure du service postal : nouvelles normes de livraison, conversion des livraisons à domicile vers les boîtes communautaires, modernisation du réseau de bureaux de poste, et simplification du processus d’ajustement des tarifs postaux. Ces mesures doivent permettre d’économiser des centaines de millions de dollars, et d’assurer la survie à long terme de Postes Canada.
