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Saint-Denis-De La Bouteillerie et ses historiens (Première partie)

Narcisse-Eutrope Dionne vers 1880. Photo : Jules-Isaie Livernois, Source Wikipedia

Yves Hébert, historien

Deux familles ont marqué la vie culturelle de la Côte-du-Sud et du Québec, celles des Dionne et des Chapais. Saint-Denis-De La Bouteillerie se démarque notamment par la présence de deux historiens : Narcisse-Eutrope Dionne (1848-1917) et Thomas Chapais (1848-1946).

Né le 17 mai 1848 à Saint-Denis, issu du mariage de Narcisse Dionne, menuisier, et d’Élisabeth Bouchard, Narcisse-Eutrope Dionne fréquente l’école primaire de la paroisse aux côtés de Jean-Charles et Thomas Chapais qui deviennent ses amis. Il poursuit une formation en théologie, et enseigne pour un temps aux collèges de Sainte-Anne-de-la-Pocatière et de Lévis. Il tombe toutefois en amour avec sa cousine, Laure Bouchard, et décide d’entreprendre des études en médecine et de l’épouser à la fin de sa formation.

Il peine à se bâtir une clientèle, et se réoriente vers le journalisme. Il accepte le poste de rédacteur au Courrier du Canada, à l’invitation de son ami Thomas Chapais. Son intérêt pour l’histoire s’accentue au cours des années, et il publie en 1880 un essai sur le mystère du tombeau de Champlain, pour lequel il reçoit un prix du consul d’Espagne à Québec, le comte de Premio-Real. Le manque de revenus l’oblige à prodiguer des soins aux patients de l’hôpital de la Marine et des Émigrés. Mais cela ne l’empêche pas de poursuivre ses travaux d’historien.

L’élection des conservateurs en 1891 lui ouvre les portes de la bibliothèque de l’Assemblée nationale, et il en devient responsable. Enrichissant la collection de celle-ci, il est l’instigateur de la construction d’un édifice unique pour cette bibliothèque. Cette année-là, il publie le premier tome d’une biographie de Samuel de Champlain. Résidant à Québec, il préfère habiter dans sa paroisse natale en période estivale. Sa passion pour l’histoire se traduit par la publication de seize livres. Entre autres une brève monographie, Sainte-Anne-de-la-Pocatière, 1672-1910 ; L’Île-aux-Oies, 1646-1910 et une biographie du fondateur du collège de Sainte-Anne, Joseph-François Painchaud. En période estivale, il résidait dans sa paroisse natale.

Page couverture d’une étude de Narcisse-Eutrope Dionne, Internet Archive, archive.org/details/pierrebedardetse00dionuoft